‹ La vie des mots étudiée dans leurs significationsChapitre 26 sur 63 · Dans : la déconfil-ure d'une maison de commerct · texte numérisé non relu

Dans : la déconfil-ure d'une maison de commerct

I 3. Qu'on écrit et prononce à tort aTcc dcuï ce : oc-ct>t

[ 4-5. Preia: ne s'emploie plus dans la Isague actuelle qu'irooi-

\ quement, et prouesse n'a plus guÈre qu'un sens ironique.

6. Dans l'expression : C'est un beau, an triste sire. I 7-8. Ne s'emploient plus qu'ironiquement, en dehors do setw tWstorique. "

\ Voir plus haut, p. 18, note.

ACTIONS PSYCaOLOGIQDES

it dénommés d'après des métaphores tirées du règne a.alma.\ : corbeau, grue, chèvre, cheoalel, poutre (pro- ■ prement/umenC), iouî"(fon [proprement mu/e(, du latin burdus), robinet {c'est-à-dire petit robin, petit mouton), chmet (c'est-à-dire petit chien). Machines de guerre : bélier, mouton, tortue, chat (maûhine du moyen âge), truie (id.), fauconneau, émerillon, mousquet (ital. moscketto, proprement petite mouche), sacre, couleuvre, couleuvrine, etc.

6) Des animaux reçoivent leurs noms, par une qua- 1 liQcation plaisante , de noms d'hommes : sansonnet (le petit Samson), Jacquot, Pierrot, Margot, Martinet, aie., JHârtm(ours), Fouquet (écureuil), Marcou ou Raou ou uMatou (chat mille ^), etc .

c) Le peuple prend volontiers des noms d'hommes, 4e femmes pour désigner spécialement des sots : Jean, Jeannin ou Janin, Jeannot, Pierrot, Claude, N%caise,À Colas, Benêt, etc. ; ou des femmes peu estimables oa I mal gracieuses : Perronnelle, Fanchon , Marion , CaHn\ {Catherine), etc.

d) On peut établir, comme règle générale, que les.J différents jeux sont désignés du nom spécial de la 1 pièce principale ou du coup décisif qui les carac- , térise.

2. Marcou est le nom d'homme Marculfas; Baou est de même I f Badulfiu; Matou (de beaucoup le plus usité des trois) BcmbtoT ^ 4tre également un nom de persomiu (tel que Maltulfus [(]).

f Ainsi du jeu de dames, d'échecs ', de dominos ', du jeu de piquet', de Yimpériale*. Ainsi encore la triomphe est la carte qu'on retourne ; le reversis, l'ensemble des levées qui fait gagner la partie; la mouche, la réunion de cinq cartes de même couleur, etc., avant d'être le jeu de la triomphe, le jeu du reversis, le jeu de la mouche, etc., etc.

e) Le problème le plus délicat est celui du déterminant dans les mots abstraits. Pourquoi l'idée de penser est-elle rendue par celle de prser dans les divers idiomes romans {pensare, de pensum, poids), par celle d'agiter çà et là en soi dans le latin {cogilare, cuîdsr cum-agilare], par celle de dioiser en grec (voiiiteiv) ? —

— Énumérer{enume7-are), conter (compulare), deviser [divi- |aare) nous reportent aune métaphore commune qu'explique le mot détailler [un récit).

f) Un autre sujet d'études ce sont les idiotismes, les locutions proverbiales, les jeux de mots usités parmile peuple. C'est là qu'il laisse voir le plus nettement son tour d'esprit, son ingéniosité, sa délicatesse ou ea grossièreté.

Coucher à la belle étoile; vouloir prendre la lune avec les dents ; renvoyer de Calphe à PUate; tourner autour du pot; amuser le tapis; faire sonner la grosse cloche; avoir barre sur quelqu'un; donner un coup de langue à quelqu'un; faire

1. Vient do l'expression échec et mai, expression A' Bane qui veut dire te roi est mort.

a. Do l'espression faire domino.

3. De i'eipresaioa faire pic, repic et cajiof. k. L'impériale est d'atiord un certain groupe de cartes.

le per- .

i, tirer les marrùns du feu; lirer les vers du nez; fairepatte deA ttjelcufs; graisser la patte; faire la pluie el le beau temps; Ttenir le crachoir ; tirer de l'huile d'un mur ; manger son blé en \;lierbe; tenir la corde; être sur les dents; être une poule fMiouillÈe; ne battre que d'une aile; donner de l'encensoir par : nepas voir plus loin que son nez; jeter sa langue aux ; être deux télés sous un bonnet; avoir la tête pris du l; mener tambour battant; mettre la puee à l'oreille; mdre ses jambes à son cou ; faire le diable à quatre, etc. . . Grossier comme un pain d'orge ; il a l'esprit aigu comme une J ; béte comme un chou. I

i bon cœur, il ne rend rien [il ne restitua pas volontiers}' J mauvais archer, il tire mal (l'argent de sa bourse) ; il se fonàM en raisons comme beurre au soleil^; il eût été bon chantre, fil entonne bien (il avale Lieu) ', etc. M

I Dresser une liste aussi complète que possible de ces ■ Kdiotismes dans deux ou plusieurs langues, en établir ! "la correspondance, et déterminer par une analyse | rigoureuse laquelle de ces langues est !a plus riche, J et de quel ordre d'idées ou de sentiments sont le plus m habituellement tirées les métaphores que recèlent ceB'l locutions, voilà un travail déUcat, difficile, qui éclaire- J rait d'un jour singulier la psychologie de la race danal ce qu'elle a de plus spontané et de plus vivant. 1

§ 59. Les observations qui précèdent, jetées uo peiil au hasard, suQlsentcependant à montrer la variété dea I

K 4. Jeu de mots sur rendre, vomir et restituer. I

I S. U SB fonde en rtusona, etc.; c'est-b-dirc ses raisous ne sout J

pas solides. 1

3. Jeu de mots but entonner, chanter, et entonner, faire dea< I

cendre dans le tonneau; aufig., avaler, boirs. I

points de vue. Il y a là tout un domaine dont la science doit prendre possession. La curiosité des philosophes et des linguistes en a déjà essayé le défrichement ; mais leurs efforts sont restés isolés, épars, non dirigés par une vue d'ensemble. Il faudrait commencer par dresser le dictionnaire étymologique et historique des significations d'une langue. Ce travail achevé pour plusieurs idiomes de même famille, on pourrait aborder avec fruit les comparaisons portant, soit sur Tidentité des métaphores, soit sur les variations d'expression de mêmes idées et de mêmes faits.

Si un dictionnaire donne l'état de la langue à un moment donné, et par suite l'ensemble des idées exprimées par cette langue, un dictionnaire historique donne, dans la succession de leur développement, la suite des idées qui se sont attachées aux mots, et avec elle une partie de la psychologie générale du peuple parlant la langue.

Il apporte donc des éléments nouveaux à la psychologie de l'inconscient.

La recherche philosophique jusqu'ici n'a guère porté que sur l'individu, et, en général, ce sont des philosophes qui ont expérimenté sur eux-mêmes, c'est-à-dire sur des natures d'élite. Mais la philosophie doit étudier aussi la foule dans la marche aveugle de ses instincts. Or, des diverses manifestations naturelles où se reflète le génie d'un peuple, la religion, la littérature, l'art, les institutions, etc., la langue est la plus directe et la plus immédiate, parce qu'elle ne subit pas à un même

degré que les autres raction toute-puissante des hommes supérieurs qui les marquent de leur empreinte, et que, d'un autre côté, elle est Texpression même du tour d'esprit, le moule même de la pensée du peuple. Le dictionnaire historique d'une langue est la succession de tombeaux où sont venues se reposer, avec les générations d'hommes qui ont pensé, les générations de pensées que leur langue a exprimées et les formes sensibles où elles ont pris corps.

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