RÉACTION
De là vient ce fait que la disparition des mots simples n'entraîne pas nécessairement celle des dérivés. Ouvrer est sorti de l'usage, et cependant ouvrage, ouvrier , ouvrable (dans l'expression jours ouvrables), manœuvrer, manouvrier sont toujours vivants. Duire, soudre n'entraînent pas dans leur chute conduire, réduire, séduire , déduire, produire; résoudre, absoudre, dissoudre, etc-
Ainsi, malgré les liens de famille que le développement de la langue peut établir entre les mots, le plus souvent ils vivent chacun de leur vie propre et suivent , isolément leurs destinées, parce que les hommes en pariant ne font point d'élymologie. Les mots servent pour les idées qu'ils expriment; celles-ci sont indépendantes. La parenté qui peut unir entre eux des groupes de mots n'a rien à voir avec les groupes d'idées qu'ils sont chargés d'exprimer '.
) . Cf. plus haut, p. 39. — Les relations enlre un radical et les dériTéa qu'il peut produire n'existent, pour la conscience du lan- " gage, qu'à l'ëpoqiie de la cri^ation de ces dËfiTÉE. L'usage graduellement dÉtoche ces dérivés de leurs primîtifa et les en rend indépendants. Ici, comme portou t, In. langue suit la mSme morctie. j