‹ La vie des mots étudiée dans leurs significationsChapitre 33 sur 63 · RÉACTION · texte numérisé non relu

RÉACTION

De là vient ce fait que la disparition des mots simples n'entraîne pas nécessairement celle des dérivés. Ouvrer est sorti de l'usage, et cependant ouvrage, ouvrier , ouvrable (dans l'expression jours ouvrables), manœuvrer, manouvrier sont toujours vivants. Duire, soudre n'entraînent pas dans leur chute conduire, réduire, séduire , déduire, produire; résoudre, absoudre, dissoudre, etc-

Ainsi, malgré les liens de famille que le développement de la langue peut établir entre les mots, le plus souvent ils vivent chacun de leur vie propre et suivent , isolément leurs destinées, parce que les hommes en pariant ne font point d'élymologie. Les mots servent pour les idées qu'ils expriment; celles-ci sont indépendantes. La parenté qui peut unir entre eux des groupes de mots n'a rien à voir avec les groupes d'idées qu'ils sont chargés d'exprimer '.

) . Cf. plus haut, p. 39. — Les relations enlre un radical et les dériTéa qu'il peut produire n'existent, pour la conscience du lan- " gage, qu'à l'ëpoqiie de la cri^ation de ces dËfiTÉE. L'usage graduellement dÉtoche ces dérivés de leurs primîtifa et les en rend indépendants. Ici, comme portou t, In. langue suit la mSme morctie. j

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