Serait deveau en français grain
I' & Tous deux en gallo-roinan avér.
|8i Aurait donné en gallo-roman avéna.
^^B d'imaglnalion , vive et pittoresque, elle procède par ^^B comparaisons, par métaphores, et, en désignant les ^^M objets, les rapproche en même temps d'autres avec ^^B lesquels elle voit des rapports plus ou moins curieux, ^^H plus ou moins frappants.
^^H Or, rien ne s'use comme la métaphore ; le premier ^^M terme de la comparaison s'oublie, nous avons vu com- ^^P ment; le mot n'éveille plus qu'une idée ou une image simple. Arrivée è cet état, la langue populaire la néglige, la rejette et la remplace par un autre terme qu'elle détourne de sa signification propre, pour l'appliquer à ■ l'objet qui se colore ainsi à nouveau d'un double reflet. De là des substitutions comme les suivantes:
Caput disparaît devant testa (fragment de pot cassé), figurémenl, èoUe crânienne, d'où noire mot tête. La langue populaire aujourd'hui remplace de nouveau télé, devenu trop abstrait, par boule. — Crus (jambe) est remplacé par pema (jambon, esp. pierna), ou par gamba (genouillère), d'où jambe. Le peuple aujourd'hui tend à remplacer jamôe par quille. — Humérus a cédé la place à spalula, à l'origine omoplate, maintenant épaule; cutis b. pellis, à l'origine fourrure, maintenant peau; inlestina à botulus, botellus, àl'origine boudin, maintenant boyau ; gêna h, gabala, écuelle, aujourd'hui jowe / os, oris, àôiicca, joue, aujourd'hui bouche. C'est ainsi que puelia devient puUicella, poulette, pucelle; en provençal puelia devient tsato, chatte.
i" Ailleurs, tels mots sortent eux-mêmes de l'usage, parce qu'ils ont été, les uns consacrés, les autres souil-
ACTIONS DESTBDCTIVES 103 ]
lés. Pour des causes lout opposées, ils arrivent à même fin.
Urbs, en latin, désignait la ville par escellence, Rome, et ne désignait que Rome; urbs disparut aveela Ville éternelle; civitas, qui avait pria sa place dans l'usage général, triompha à son tour, avec l'avénement des peuples germains : fr. ciLê. Villa, h. l'époque mérovingienne, pour dautres causes, vint auesi le remplacer.
Verbum était devenu un mot saint , le Logos, le Verbe; la langue vulgaire n'osa plus lui confier l'expression de I l'idée commune de parole; elle le remplaça dans cet usage par parabola, sentence, pensée, mot que les para- I boles de l'Évangile avaient rendu familier, et, détournant para6o/a de son sens propre, l'enrichit de toutes les significations que possédait autrefois verbum^ .
Passons à des exemples tout opposés. L'euphémisme est une cause très puissante de destruction des mots. Il consiste b. substituer à un mot que salît une idée déplaisante ou grossière un autre mot à signification innocente, qui, par une allusion discrète, rappelle le mot qu'on veut éviter. Mais, par cette marche inévitable que nous avons analysée , le mot nouveau se pénèlre graduellement à son tour de l'idée déplaisante, se salit & son contact et disparait pour faire place à un autre synonyme, que la même idée de nouveau souillera et frappera mortellement.