‹ La Vie des saintsChapitre 106 sur 536 · ARCHANGE · texte numérisé non relu

ARCHANGE

Gabriel, dont le nom signifie en hébreu Dieu est ma force , est regardé comme le messager du reconfort et des bonnes nouvelles. Il fut envoyé au prophète Daniel pour lui expliquer le sens d’une vision qu’il avait eue se rapportant à la succession des empires terrestres. Il apparut encore à Zacharie et lui annonça la naissance de Jean-Baptiste. Six mois plus tard, il alla vers Marie, qui habitait Nazareth, et lui dit : « Je vous salue, pleine de grâce; le Seigneur est avec vous, et vous êtes

bénie entre toutes les femmes. Le Saint-Esprit surviendra en vous, et l’enfant qui naîtra de vos entrailles sera nommé le fils de Dieu. » Marie

Fig. 49. — Salutation île l'archange Gabriel, d’après un bas-relief île Luca ilella Eobbia. XV siècle.

répondit en toute humilité : Voici la servante du Seigneur; qu’il me soit fait selon votre parole. » Et l’ange s’éloigna. Tel est le mystère de l’Annonciation , objet de l’une des plus grandes fêtes de l’Eglise.

SAINT HERMELAND.

Vers G 70, une mission, composée de douze religieux, quitta l’abbaye de Saint- Vandrille, près de Rouen, pour aller fonder un monastère dans le diocèse de Nantes. Accueillie avec joie par l’évêque, qui s’empressa de l’exempter de sa juridiction, elle s’établit à l’embouchure de la Loire, dans une île nommée tour à tour Antre, Aindre et Indre. Le chef de cette pieuse troupe était Hermeland. D’une bonne famille gauloise, originaire de Noyon, il avait suivi la cour des rois de Neustrie, et Clotaire III, qui le tenait en grande affection,

26 mars. — SAINT LUDGER.

voulut le marier contre son gré. Comme il avait pris de son côté la résolution de servir Dieu, il se retira auprès de saint Lambert et déploya une ferveur si admirable qu’il fut admis, au bout d’un an, à prononcer ses vœux et à recevoir l’ordination sacerdotale.

L’abbaye d’Aindre devint bientôt célèbre par le nombre des moines et surtout par la sainteté de leur vie ; les fidèles y envoyaient leurs enfants pour prendre des leçons de sagesse et de belles-lettres, et l’on en tira diverses colonies destinées à peupler les couvents qui s’élevaient de toutes parts. Outre les occupations multiples que causait à l’abbé la conduite d’une maison considérable, il faisait de fréquents voyages et entretenait des relations assidues avec les communautés du nord et du midi. Afin d’échapper aux obsessions des laïques qui, sous prétexte d’apporter des aumônes, lui rendaient trop souvent visite, il aimait à passer le temps du carême et les jours de jeune sur l’îlot voisin d’Aindrinette. Cet amour de la solitude le porta même à résigner sa charge et â vivre en reclus dans un petit ermitage qu’il avait fait bâtir aux portes du monastère. Il y mourut vers 715.

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