‹ La Vie des saintsChapitre 11 sur 536 · SAINT SIMEON STYLITE · texte numérisé non relu

SAINT SIMEON STYLITE

C’était un pâtre des hauts plateaux de la Cilicie, né en 391, au village de Sisan. Ayant entendu lire à l’église l’évangile des béatitudes, et frappé de l’idée qu’on ne pouvait gagner le ciel que par les voies les plus pénibles, il se fit admettre dans un monastère voisin au rang des serviteurs. Dès lors, malgré sa grande jeunesse (il avait treize ans), il travailla sans relâche à l’édifice de sa perfection. Vivant parmi des religieux austères, il les surpassa tous par la rigueur de ses austérités : ce fut ainsi qu’il en vint à manger une seule fois par semaine et à ceindre ses reins d’une corde tellement serrée , qu’il fallut, pour l’en délivrer, pratiquer des incisions dans la chair toute purulente. L’abbé, appréhendant que son exemple ne prévalût sur la règle, finit par le congédier.

Libre de s’abandonner au feu qui le dévorait de faire œuvre de pénitence, Siméon choisit une solitude du mont Télénisse; il y passa le carême entier sans prendre de nourriture, ce qu’il renouvela chaque année jusqu’à la fin de sa vie, bien qu’il eût failli mourir, s’enferma ensuite dans un enclos de pierres sèches qu’il entassa de ses mains, et y vécut deux ou trois saisons, enchaîné comme une bête féroce. Afin de se soustraire aux importunités des gens qui venaient en foule lui demander des prières ondes miracles, il imagina, vers 423, d’établir sa demeure au haut d’une colonne (en grec ttiAoç, d’où le surnom de Stylite). Toujours affamé d’isolement, il fit exhausser cette colonne à trois

reprises, de G à 12, à 22, et à 36 coudées (c’est-à-dire 18 mètres environ). La plate-forme était nue et trop étroite pour s’y étendre; l’ascète s’y

Fig. 4. — Pèlerins campés au pied de la colonne de saint Siméon. D’après une ancienne gravure, au cabinet des Estampes de Paris. XVIIe siècle.

tenait debout la nuit et le jour et, penché sur la balustrade , il instruisait le peuple en paroles brèves mais éloquentes, et lui donnait des consul-

6 janvier. — SAINT MELAINE.

tâtions. Il convertit un grand nombre de païens, et trois empereurs chrétiens, Théodose II, Marcien et Léon Ier, vinrent le voir. Lorsqu’il sentit sa fin prochaine, il s’inclina pour prier connue à l’ordinaire (2 septembre 460) ; trois jours plus tard, son disciple Antoine, surpris de le voir encore dans la même posture, monta jusqu’à lui et le trouva mort. Son corps fut transporté à Antioche. L’influence de saint Siméon et d’autres stylites, crucifiant comme lui leur propre corps, contribua beaucoup à propager en Orient la vérité chrétienne ; il ne fallait pas moins que de tels prodiges d’austérité pour ébranler les convictions de peuples plongés dans l’idolâtrie.

SAINT MELAINE

D’après une ancienne chronique, Melaine naquit vers 460, au bourg de Platz (auj. Brains), près Vannes. Beau, noble, pieux, versé dans la connaissance des Ecritures, il vit sa réputation s’étendre rapidement, surtout après avoir guéri un prince breton d’une maladie cruelle et chassé un démon du corps de sa fille. A cette époque, il gouvernait un monastère qu’il avait fondé en son lieu natal, à la place d’un temple druidique, et qui, par la suite, fut soumis à la règle de saint Benoît.

Vers 505, il succéda comme évêque de Rennes à saint Amand, qui l’avait désigné en mourant au choix du peuple et du clergé. Le roi Clovis, lors de son invasion en Bretagne, eut, dit-on, l’occasion de le connaître et d’admirer ses vertus. Ce qui est plus certain, c’est que Melaine assista en 511 au concile d’Orléans, et qu’à son retour de celui d’Angers, il alla mourir dans son monastère le 6 novembre 530. Son corps fut rapporté à Rennes, et on lui éleva une magnifique église.

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