SAINT LUCIEN D’ANTIOCHE
Né vers 235, à Samosate, de parents chrétiens qui le laissèrent orphelin de bonne heure, il alla à Édesse étudier la rhétorique et la philosophie, et y devint le disciple de Macaire , savant interprète des Ecritures. Il reçut ensuite la prêtrise à Antioche, distribua tous ses biens aux pauvres, et, pour se rendre utile, ouvrit une école de théologie, qui attira un grand concours d’auditeurs. Il paraît que dans l’exposition des dogmes chrétiens, qui n’étaient pas tous définis avec cette précision que leur donna le concile de Nicée, Lucien professa des opinions hétérodoxes, celles de Marcion et d’Arius par exemple, puisque trois
évêques consécutifs d’Antioche l’exclurent de la communion de l’Église ; mais on ne sait au juste en quoi consistaient ses erreurs, ni même si la faute en doit retomber sur lui. Du reste, il continua d’enseigner et, déjà célèbre par son savoir, il le devint plus encore par la pureté de sa vie et son inépuisable charité. Obligé de se cacher pendant la persécution de Dioclétien et de ses successeurs, il fut découvert et arrêté en 311 par ordre'de Maximin II. Conduit à Nicomédie et soumis à d’affreuses tortures qui ne lui arrachèrent que cette réponse : (( Je suis chrétien », il mourut en prison, le lendemain de l’Épiphanie, en 312. La ville d’Arles, en Provence, se glorifie de posséder une partie de ses reliques, d’après une vieille tradition qui porte que Charlemagne les reçut d’Orient. Lucien avait consacré beaucoup de temps à purger l’Ancien et le Nouveau Testament de nombreuses fautes qui s’y étaient glis-
8 janvier. — SAINT SÉVERIN.
sées par négligence, et du temps de saint Jérôme cette révision fort estimée était d’un usage général parmi le clergé.
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