LE BIENHEUREUX AMÉDÉE
Fils aîné de Louis Ier, duc de Savoie, et d’Anne de Chypre, il naquit le 1er février 1435, à Thonon. Aux plus heureux dons de l’intelligence il joignait les grâces et la beauté du corps ; il était d’un caractère franc , généreux , docile et plein de bonté , et manifesta dès l’enfance un vif attrait pour les exercices religieux. Accordé, dès le berceau, avec Yolande de France, il l’épousa en 1451, et en eut huit enfants , dont la plupart moururent fort jeunes.
En 1465, il succéda à son père comme duc de Savoie, sous le nom d’Amédée IX. Peu de temps après, le mauvais état de sa santé (il était sujet au mal caduc) l’obligea d’abandonner à sa femme le gouvernement des affaires. La discorde s’ensuivit. Ses frères, jaloux, prétendant au partage du pouvoir, et secondés par le duc de Bourgogne, entrèrent en campagne; Louis XI intervint pour rétablir l’autorité de sa sœur, et la guerre aurait pu devenir sanglante sans la médiation des cantons suisses : la régence fut partagée, le 5 septembre 1471, entre la duchesse et les princes. L’année suivante, Amédée mourait à Verceil, la veille de Pâques (30 mars 1472). Ce malheureux souverain possédait, à un degré éminent, la douceur, la patience et la résignation. Il "était si zélé pour la justice qu’il ne souffrait rien qui lui fût
31 mars. — SAINTE BALBINE.
contraire. Il montrait au duc de Milan les pauvres qu’il nourrissait comme étant la seule pompe de sa cour. Il fit bâtir plusieurs hôpitaux, et sa libéralité s’étendit aux couvents et aux églises. S’il manqua de la fermeté nécessaire pour bien gouverner, il sut du moins gagner l’amour de ses sujets. Le pape Innocent XI approuva son culte dans les Etats de Savoie.