‹ La Vie des saintsChapitre 114 sur 536 · SAINT VALERY · texte numérisé non relu

SAINT VALERY

N petit berger d’Auvergne, ayant ouï parler de la manière dont on instruisait les enfants de famille, demanda à un de leurs précepteurs de lui tracer un alphabet, et apprit , sans autre secours, non seulement ses lettres, mais le psautier tout entier. Il s’appelait Walaric, dont on a fait Valéry. Par l’intermédiaire d’un de ses oncles, qui était religieux, il fut admis au nombre des novices dans un cloître des environs. Au bout de quelques années, il passa dans celui de Saint- Germain d’Auxerre. La grande renommée dont jouissait alors saint Colomban l’attira auprès de lui, à Luxeuil. Ayant reçu une partie du jardin à cultiver, il parvint si bien à en écarter les insectes et les vers, ses légumes étaient si frais, ses fleurs si odorantes, que l’abbé, voyant là une marque de la faveur divine s’écria, ravi : « C’est toi qui est le véritable seigneur de cette maison. ))

Après l’exil de Colomban (610), Valéry aida le nouveau

supérieur Eustaise à défendre le patrimoine et les bâtiments du monastère contre l’usurpation des laïques voisins. Saisi bientôt de la fièvre des missions, il alla porter l’Evangile sur les bords de la mer, dajis cette partie de la Neustrie où les Francs Saliens avaient une de leurs colonies. Le roi Clotaire II lui permit de s’établir à Leuconay, à l'embouchure de la Somme. Il y bâtit un ermitage pour lui et Blimond, son disciple ; de nombreuses cellules s’élevèrent alentour, et l’essaim religieux finit par donner naissance à la ville de Saint- Valéry en Somme. Jusqu’à sa mort, arrivée en 622, il ne cessa de travailler à la conversion du peuple, à travers mille affronts et mille dangers. Plus d’une fois les paysans, envoyant briser leurs idoles et abattre leurs chênes sacrés, se jetèrent sur lui avec des cris de mort; son calme les désarmait. Il était d’une extrême douceur, et mitigeait souvent la sévérité de la règle, quant aux pénitences.

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