AVRIL. — SAINT LÉON LE GRAND
Au printemps de 452, Attila, le terrible dévastateur de l’Europe,
descendit en Italie. Déjà il avait détruit Aquilée, Padoue, Yicence et
Fig. 61. — Saint Léon le Uranil arrête Attila aux portes de Rome. D’après Raphaël, au palais du Vatican. XVIe siècle.
Vérone, pris et pillé Pavie et Milan, et, campé aux environs de Mantoue, il délibérait s’il marcherait sur Rome ; son armée, fort diminuée par les maladies et la disette de vivres, était encore assez forte pour achever la conquête de la péninsule. En présence du désarroi général, le sénat ne trouva d’autres ressources que dans des propositions de paix. Léon, à qui l’on adjoignit un consul et un préfet, fut chargé de cette négociation périlleuse. Sa fermeté frappa le conquérant barbare, et, moyennant un tribut annuel, il consentit à se retirer (6 juillet). Cette concession ayant semblé étrange à ses lieutenants, il leur assura qu’il avait vu aux côtés du pontife deux vieillards vénérables qui, armés chacun d’un glaive, menaçaient de l’en frapper s’il ne lui obéissait. L’éloquence de Léon eut moins de succès auprès de Genseric, qui entra dans Rome à la tête des Vandales (15 juin 455). Il obtint toutefois que la ville ne serait pas livrée aux flammes et qu’il n’y aurait pas de sang répandu. Le pillage dura quatorze jours, et le butin des Vandales fut immense.
Léon consacra les dernières années de sa vie à réparer les maux de toute sorte que le passage de deux invasions avait appelés sur l’Italie. Non seulement il racheta un grand nombre de captifs en Afrique, mais à Rome il restaura plusieurs édifices publics, bâtit des églises et des monastères, et se plut à les enrichir de peintures et de mosaïques. Rien ne montre mieux que sa correspondance (il nous reste de lui cent onze lettres) avec quelle sollicitude vraiment pastorale il gouvernait l’Eglise ; on y admire son attention à prévenir ou à réprimer les écarts de zèle et de pouvoir, le relâchement des mœurs et de la discipline ; à régler la liturgie, à maintenir les droits et les intérêts de tous. Quelques auteurs lui attribuent l’idée d’accréditer des nonces apostoliques auprès des princes.
Après plus de vingt années de pontificat, saint Léon mourut à Rome, en 461, le 10 novembre, d’autres disent le 11 avril, et fut le premier pape enterré dans la basilique de Saint-Pierre En 1754, le pape Benoît XIV lui conféra le titre de docteur de l’Eglise.
12 avril. — SAINT ZENON.