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SAINT ALBERT

Albert ou Adalbert, né vers 955, d’une noble famille bohème, fut consacré tout enfant au service des autels et élevé à Magdebourg, dans le cloître de la cathédrale. Ses études terminées, il retourna à Prague, muni d’une précieuse collection de manuscrits et de livres, qu’il avait réunis à grands frais. L’évêque Diethmar l’ordonna prêtre, et il fut choisi, après sa mort, pour le remplacer (983). L’éminence de sa doctrine, la sainteté de ses moeurs, sa charité inépuisable, ses prédications incessantes auraient dû toucher le cœur de ses diocésains ; mais, outre qu’il y avait encore parmi eux beaucoup de païens attachés à leurs anciennes superstitions, ceux mêmes qui se disaient chrétiens déshonoraient leur foi par les plus honteux désordres. Albert mit tout en œuvre pour les corriger, et, quand il reconnut l’inutilité de ses efforts, il quitta Prague en 988, se rendit à Rome et prit l’habit de bénédictin au monastère de Saint- Alexis, où il vécut six ans avec autant de soumission et d’humilité que s’il eût été le dernier des novices. Les habitants de Prague le rappelèrent, et le pape lui enjoignit de céder à leurs vœux ; il le fit, et n’ayant vu chez eux que les apparences du repentir, il résolut de les abandonner tout à fait (995). Après avoir passé en Hongrie, où il baptisa, à Grân, en présence de l’empereur Othon III, le prince Etienne, qui fut plus tard canonisé, il alla en Pologne, dont le duc, Roleslas, avait beaucoup d’amitié pour lui.

Parmi les nations teutoniques qui demeuraient encore plongées dans l’idolâtrie étaient les Obotrites, les Vendes et les Borusses ou Prussiens, dont la conversion avait été entreprise avec peu ou point de profit. Ce fut chez ces derniers qu’Albert se proposa de répandre les lumières de l’Evangile, dessein qu’il avait à cœur depuis longtemps. Avec ses fidèles compagnons, les moines Gaudence et Benoît, il descendit la Vistule jusqu’à Dantzig et se vit bien accueilli ; mais plus loin,

24 avril. — SAINT ROBERT.

en suivant les bords de la mer, il rencontra une population farouche , presque sauvage, qui l’accabla d’outrages et de coups, et le laissa pour mort. A une nouvelle tentative, il pénétra dans l’enceinte d’un chêne sacré, au pied duquel avaient lieu les sacrifices, et le fit abattre par ses compagnons. O11 s’empara de lui, on le chargea de liens, et un prêtre païen lui enfonça un javelot dans la poitrine (23 avril 997). Les Prussiens retombèrent dans leur barbarie, et ne furent convertis au christianisme, à la suite de longues et sanglantes guerres, qu’à la fin du treizième siècle. Le corps du saint missionnaire, racheté par Boleslas au poids de l’or, fut placé dans la cathédrale de Gnesen, en Posnanie.

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