‹ La Vie des saintsChapitre 149 sur 536 · SAINT ROBERT · texte numérisé non relu

SAINT ROBERT

Descendant du comte Geraud d’Aurillac, il naquit en Auvergne et lut élevé dans la communauté de Saint- J ulien, à Brioude. Après avoir reçu la tonsure, il en devint chanoine , puis trésorier, et se fit admirer par ses vertus , principalement par sa charité envers les malades, dont il pansait les plaies de ses propres mains. Cette tendresse pour les misérables s’accrut avec l’âge : afin de leur donner le moyen d’être soignés avec moins de peine, il procura le bâtiment d’un hôpital dans le lieu où il faisait sa demeure. Il employa aussi une partie de ses biens , qui étaient considérables, à réparer plus de cinquante églises, tant en Auvergne qu’ ailleurs. Le désir qu’il avait d’embrasser la vie monastique lui fit quitter son bénéfice pour entrer d’abord à l’abbaye de Cluny, ensuite à celle du Mont-Cassin.

En 1043, deux chanoines de Limoges lui cédèrent la propriété d’un désert, situé sur les confins du Velay, et couvert d’une forêt si étendue qu’un cheval vigoureux aurait mis plus de quatre jours à la traverser. Robert s’associa deux anciens soldats de son père, et fonda, au milieu de cette solitude, le monastère de la Chaise-Dieu. Malgré l’hostilité

acharnée des montagnards à demi païens, malgré les voix mystérieuses qui lui criaient la nuit : « Pourquoi, étranger, veux-tu nous chasser de nos demeures? » il persévéra dans son projet, ouvrit des clairières et laboura la terre. La Chaise-Dieu prospéra, compta jusqu’à trois cents religieux, et sembla un moment rivaliser avec Cluny par le grand nombre de ses dépendances. Son premier abbé mourut le 17 avril 1068, et fut enterré le 24, jour où sa mémoire est honorée.

On ne doit pas le confondre avec saint Robert, le fondateur de l’abbaye de Cîteaux, mort le 29 avril 1110.

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