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SAINT HUGUES

La célèbre abbaye de Cluny, en Bourgogne, fut fondée, en 910, sous la règle de saint Benoît, par le savant et vertueux Bernon, grâce aux libéralités de Guillaume le Pieux, duc d’Aquitaine. C’était une congrégation qui ne relevait, pour le temporel, que du saint-siège. Odon, Maïeul et Odilon, tous trois canonisés, s’étudièrent avec tant de zèle à

29 avril. — SAINT HUGUES.

y maintenir une exacte discipline, que la plupart des couvents de l’Europe la prirent pour modèle; au dix-septième siècle, elle comptait 2,000 maisons dans sa dépendance.

Hugues, qui en fut le sixième abbé, naquit en 1024, à Semur, en Brionnais. Son père, le comte Dalmace , le destinait au métier des armes ; mais l’influence de sa mère, qui l’avait en secret voué à Dieu, l’emporta, et il obtint la permission d’entrer comme novice à Clunv.

Fig. 73. — Chevalier communiant. D'après une sculpture de la cathédrale de Reims. XIIIe siècle.

En 1049, il remplaçait Odilon dans le gouvernement de l’abbaye. Très sévère envers lui-même, priant sans cesse ou travaillant, il joignait la prudence à la simplicité, la gravité à la douceur. 11 ordonna le service de la charité dans les détails les plus minutieux. Outre les voyageurs fréquemment hébergés, chaque jour les enfants et les vieillards avaient leur part de douze grandes tourtes cuites au four exprès pour eux, et dix-huit pauvres étaient logés et nourris. Un aumônier, aidé de cinq serviteurs, était chargé d’assister une fois par semaine les besoigneux du dehors. Sous la conduite d’Hugues, Cluny atteignit rapidement un

haut degré de prospérité; les religieux y affluaient, chevaliers, barons, jusqu’à un duc de Bourgogne, qui ne voulut pas avoir d’autre retraite après la mort de sa femme. A peine maître de l’Angleterre, Guillaume le Conquérant écrivit à l’abbé pour lui demander des religieux, s’offrant à leur donner cent livres d’argent par tête, proposition incongrue qui fut accueillie comme elle le méritait.

Les grandes qualités d’Hugues, et surtout son esprit de modération, le firent souvent employer par le saint-siège. Il présida, en qualité de légat, plusieurs des conciles qui se tinrent de son temps, et fit différents voyages à Rome. Il réconcilia l’empereur Henri III avec André, roi de Hongrie, et, plus tard, à la fameuse entrevue de Canossa, il s’efforça de rétablir la paix entre Henri IV, qui était son filleul, et le pape Grégoire VII. Ce dernier, moine de Cluny, ne cessa d’en vénérer le chef et de l’associer aux missions les plus importantes, persuadé, disait-il, que rien au monde ne saurait le détourner du sentier de la justice. Saint Hugues mourut, comblé de jours et de mérites, le 29 avril 1109, dans son abbaye, et fut canonisé en 1121.

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