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SAINT PIERRE DE VÉRONE

Né à Vérone, en 1205, Pierre puisa, dès sa première enfance, dans une école catholique une foi pure et ferme dont les instigations de ses proches ne purent jamais le détacher. Ils appartenaient, en effet, à une secte qui causait alors beaucoup de ravages, celle des patarins ou cathares, appelés en France albigeois; on y admettait l’existence de deux principes éternels, le bien et le mal, ce qui, entre autres conséquences déplorables, conduisait au fatalisme. Attiré par les ardentes prédications de saint Dominique, il obtint d’être admis au nombre de ses disciples, et, faveur plus insigne, d’être dirigé par lui-même dans les voies de la perfection. Dès qu’il eut été ordonné prêtre , il fut chargé de la prédication dans les provinces de l’Italie centrale. On accourait de toutes parts pour l’entendre, et lorsqu’il approchait des villes où il de-

29 avril. — SAINT PIERRE DE VÉRONE.

Fig. 74. — Saint Pierre de Vérone. D’après le Dofniniquin. XVII® siècle.

VIE DES SAINTS. — ir.

vait prêcher, on allait au-devant de lui avec la croix, la bannière et les trompettes.

En 1232, le pape Grégoire IX le nomma inquisiteur général. Pierre signala d’abord son zèle en Toscane, et s’attaqua à l’évêque des patarins, qui dut son salut à de puissants personnages. D’autres chefs le remplacèrent, si bien qu’un tiers de Florence fut infecté de l’hérésie. Pierre employa contre elle la parole et les poursuites judiciaires ; il organisa une compagnie de nobles, chargée de garder son couvent et d’exécuter ses ordres. Le nombre des procès s’accrut, malgré la résistance des seigneurs ; le podestat, ayant voulu défendre les patarins, fut interdit. Les partis s’armèrent en tumulte, et les églises furent envahies ; enfin les catholiques triomphèrent à la suite d’une lutte acharnée. Après avoir déployé tant de zèle, Pierre vint se montrer en Lombardie, où l’on insultait publiquement aux rites de l’Eglise. Il commença la recherche des hérétiques ; mais ceux-ci, forts et nombreux, se sentant d’ailleurs soutenus par l’autorité impériale, le firent assassiner sur la route de Corne à Milan (G avril 1252). Il fut canonisé, l’année suivante, par Innocent IV, qui fixa sa fête au 29 avril.

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