SAINT PIE V
toutes ses forces à la combattre en Allemagne, aux Pays-Bas, en France, su aidant de ses conseils et de son argent les catholiques contre les protestants. Il excommunia Elisabeth d’Angleterre et n’oublia rien pour consoler et secourir l’infortunée Marie Stuart.
Mais le désir le plus cher de Pie Y était de faire obstacle à l’irruption
Fig. 83. — Bouclier en fer, donné à don Juan d'Autriche par rie V.
les Turcs en Europe ; la prise de Chypre par Selim II lui en offrit l’occasion. A sa voix, les fidèles d’Espagne et d’Italie s’émurent : Philippe II, Venise et le pape répartirent entre eux les frais de la croisade ; on réunit 50,000 hommes de pied et 4,000 chevaux, et le commandement fut lonné à don Juan d’Autriche. A la hauteur du golfe de Lépante, le f octobre 1571, on rencontra l’ennemi. Avant d’engager le combat, les ioklats s’agenouillèrent devant les images du Christ, chacun demandant
humblement pardon de ses péchés, et poussèrent ensuite, par un mouvement presque miraculeux, un cri unanime de (( Victoire » ! Elle fut complète en effet, et anéantit la puissance des Ottomans. La chrétienté respira, et sa reconnaissance attribua ce triomphe inespéré à la sainte Vierge, dont les fidèles récitaient partout le rosaire à l’heure où il fut remporté.
Afin d’en perpétuer le souvenir, Pie V, qui l’avait appris par une voie surnaturelle, institua la fête annuelle de. Notre-Dame du Rosaire. Loin de croire la guerre finie, il voulait la continuer en suscitant contre les Turcs d’autres adversaires, tels que la Perse, l’Arabie et l’Ethiopie, quand une maladie cruelle vint paralyser ses efforts ; il y succomba le 1er mai 1572, à l’age de soixante-huit ans. Aucun pape, depuis Grégoire VII, n’avait réuni au même degré l’absolu dévouement à la religion, les mérites de la sainteté et les qualités d’un chef d’Etat. Clément XI le canonisa en 1713, et fixa sa fête au 5 mai.