‹ La Vie des saintsChapitre 170 sur 536 · SAINT JEAN DAMASCÈNE · texte numérisé non relu

SAINT JEAN DAMASCÈNE

L’erreur des iconoclastes fut l’hérésie du huitième siècle, et notre saint fut surtout l’apôtre du culte des images sacrées.

Jean Damascène, ainsi nommé parce qu’il était né, vers 696, à Damas, avait pour père un chrétien, gouverneur de la province, quoiqu’elle appartînt alors aux Sarrasins. Son éducation fut confiée à un moine grec, Cosmas, fort habile dans les sciences divines et humaines. Envoyé ensuite à la cour du calife, il gagna les bonnes grâces de ce prince, qui voulut, dit-on, le nommer chef de son conseil; mais Jean, craignant le danger de vivre au milieu des infidèles, se retira secrètement dans la laure de Saint-Sabas, près Jérusalem. On lui donna pour guide un vieillard très expérimenté dans la conduite des âmes. Il dut, entre autres choses, se soumettre aux règles suivantes : garder le silence, ne faire

7 mai. — SAINT STANISLAS.

jamais rien de lui-même, porter tous ses désirs vers Dieu, examiner avec soin ses pensées, renoncer au savoir qu’il avait acquis.

Un jour, afin d’éprouver son obéissance, son maître lui ordonna d’aller vendre à Damas des paniers dont le prix fut fixé au double de leur valeur, avec défense de s’en défaire à meilleur marché. On le traita de fou et on l’accabla d’affronts. Un de ses anciens serviteurs le débarrassa de sa marchandise au prix convenu, et mit fin à cette scène, que Jean avait supportée sans murmure. Lorsqu’il eut été élevé au sacerdoce, il lui fut permis d’employer ses talents à la composition d’ouvrages uniquement destinés à l’instruction des fidèles et à la défense de l’Église.

En 726, l’empereur Léon III abolit, par un édit fameux, le culte des images. Chrétien sincère, mais imprudent politique, il espérait se rallier les mahométans en purgeant la religion de ce qu’il croyait être une idolâtrie.

La résistance éclata de toutes parts, et le pape Grégoire II demanda énergiquement la révocation de l’édit. Jean prit en main la cause de la tradition, et répandit de divers côtés des lettres où il fixait les principes et réfutait les objections ; il poursuivit avec la même vigueur cette controverse sous Constantin Copronyme. De plus, il attaqua d’autres erreurs, écrivit sur la foi orthodoxe un ouvrage qui depuis a servi de modèle à la plupart des scolastiques, et composa un grand nombre d’hymnes et des cantiques, encore en usage dans l’Eglise grecque. On croit qu’il mourut vers 780, à un âge très avancé.

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