SAINT STANISLAS
Le patron de la Pologne vint au monde le 26 juillet 1030, près de Cracovie, dans la noble famille des Szepanovski. Fruit tardif d’une union déjà i ancienne, il fut consacré à Dieu dès le berceau. Il acheva ses études
à Paris, et, bien qu’il possédât à fond la théologie et le droit canon, sa modestie lui fit refuser le bonnet de docteur. A la mort de ses parents, il distribua aux pauvres son patrimoine, qui était considérable, et embrassa l’état ecclésiastique. Nommé chanoine de la cathédrale (1062), il s’acquit beaucoup de réputation par ses sermons et par l’éclat de ses vertus ; prêtres et laïques venaient le consulter, car il était rare en ce pays de trouver la foi jointe à une vaste érudition. Le siège de Cracovie étant devenu vacant, il y fut appelé par le clergé, et, après une longue résistance, il dut se soumettre aux ordres du pape Alexandre II (1072). Ce fut alors qu’à l’exemple des évêques de la primitive Eglise, il redoubla de vigilance et d’austérités. Les remontrances qu’il adressa à Boleslas II au sujet de sa tyrannie et du dérèglement de ses moeurs lui attirèrent la haine de ce prince ; quatre fois il le supplia de changer de conduite, et finit par le retrancher de la communion des fidèles.
On était alors au plus fort de la querelle des investitures ; les rois s’arrogeaient le droit de conférer ou d’ôter les dignités ecclésiastiques. Stanislas, aux prises avec un despote violent et cruel, fut bientôt victime de son zèle. Il était allé, en compagnie de quelques prêtres, à l’église de Saint-Michel, hors la ville, pour y prier et célébrer les saints offices. Boleslas, qui en fut instruit, s’y rendit avec un corps nombreux d’hommes armés. Il donna ordre de saisir l’évêque et de le lui amener. Ceux à qui il s’adressa reculèrent d’effroi ; d’autres refusèrent également de servir d’instrument à sa fureur. Le prince s’avança lui-même vers l’autel, dans le moment oh le prélat, après avoir terminé la messe, suppliait Dieu à voix haute de pardonner à ses ennemis, et, d’un coup de sabre, il lui fendit la tête. Le corps du martyr fut haché en morceaux, qu’on répandit dans un champ, afin de les livrer en pâture aux bêtes et aux oiseaux de proie.
Ce meurtre horrible d’un prêtre à l’autel, renouvelé un siècle après sur la personne de saint Thomas Becket, eut lieu le 8 mai 1079. Mais Dieu conserva les membres épars de son serviteur : ils furent recueillis et enterrés devant la porte de l’église, et transférés plus tard en grande pompe dans la cathédrale, oh il s’opéra un grand nombre de miracles par son intercession. Boleslas devint tellement odieux à ses sujets, qu’il
l MAI.