SAINT PIERRE DE TARENTAISE
A l’âge de vingt ans, Pierre, né en 1101, près de Vienne en Dauphiné, prit l’iiabit religieux dans le monastère de Bonnevaux, qui relevait de Clairvaux; son père et ses deux frères vinrent l’y rejoindre, pendant que sa mère et sa sœur entraient dans un couvent du voisinage. Envoyé bientôt à la tête d’une colonie à Tamié, lieu perdu à travers les Alpes, il y trouva de quoi faire briller la plus belle de ses vertus, une grande charité envers les pauvres, les étrangers et les pèlerins. L’archevêché de Tarentaise, en Savoie, étant devenu vacant par l’exclusion d’Israël qui l’avait mal gouverné, il y fut appelé; c’était une charge pesante, bien contraire à ses sentiments d’humilité, et qu’il accepta seulement sur l’injonction de saint Bernard (1141). Ce diocèse se trouvait dans un état déplorable ; ses biens étaient envahis par des laïques, ses églises dépouillées ou tombant en ruines, ses clercs sans discipline, son peuple livré à une licence effrénée. Le bon exemple du prélat, sa douceur etquelques actes de fermeté réformèrent peu à peu les abus. Quand il eut remis tout en ordre, il passa secrètement en Allemagne pour y reprendre la vie monastique; on découvrit sa retraite, et il fut ramené en Tarentaise.
Pierre, dont le zèle n’avait point de bornes, annonça la parole de Dieu en Alsace, en Bourgogne et dans plusieurs contrées de l’Italie, opérant de nombreuses conversions, parce que ses discours étaient souvent soutenus par le don des miracles. En 1170, il fut chargé par le pape de réconcilier les rois de France et d’Angleterre, entre lesquels une guerre était imminente ; tous deux lui firent le plus respectueux accueil , et il réussit à les accommoder. Une seconde mission qu’il eut auprès d’Henri II d’Angleterre demeura sans succès.
Pendant qu’il regagnait la Savoie, saint Pierre tomba malade et mourut à l’abbaye de Bellevaux, près de Besançon, 8 mai 1174. Il fut canonisé en 1191 par Célestin III.
9 mai. — SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANZE.