SAINT HILAIRE DE POITIERS
DOCTEUR DE L’ÉGLISE
Dans son Traité de la Trinité , le plus complet que nous ayons silice dogme, Hilaire définit ainsi le caractère sacerdotal : « Il ne suffit pas que le prêtre soit de bonnes mœurs ; si sa vie doit être pure , sa prédi-
cation doit être savante, parce que, s’il est pieux sans être savant, sa doctrine manquera d’autorité. » Ame forte et généreuse, esprit rigide, assoupli et orné par dix ans de voyages à travers la Grèce et l’Italie, d’une éloquence entraînante et d’une logique inflexible, tel fut ce Gaulois, saint et savant tout ensemble. Païen, il fut converti, comme il l’a raconté lui-même, par l’étude des saintes Ecritures; noble et riche, il renonça aux vanités mondaines pour embrasser une existence de sacrifice et d’humilité. Il était marié, père d’une fille, et déjà sur le retour de l’àge, lorsqu’en 350 ou 353 il fut choisi pour évêque de Poitiers, sa ville natale.
L’Eglise était alors en proie à de grandes discordes; l’arianisme, protégé par les empereurs , commençait à ravager l’Occident, et enfantait chaque jour quelque impiété nouvelle. Emule d’ Athanase dans la défense de la divinité de Jésus, Hilaire attaqua la doctrine de Saturnin devant le concile arien de Béziers (35G), acte de hardiesse dont il fut puni par un ordre de bannissement en Phrygie. C’est là qu’il composa ses fameux écrits sur la Trinité et sur les Synodes. Toutefois, devenu moins âpre à l’égard des dissidents en apprenant à les mieux connaître, et persuadé que la plupart d’entre eux différaient des orthodoxes moins par les sentiments que par des exagérations de langage, il entreprit de les rallier dans le concile assemblé en 359 à Séleucie. La méchanceté d’intraitables sectaires annula ses efforts, et ils se débarrassèrent de lui en le faisant renvoyer en Europe. Hilaire revint à Poitiers en compagnie de saint Martin, son disciple (361) ; bientôt même, il concourut avec lui à fonder, aux portes de la ville, le monastère de Ligugé, qui passe pour le plus ancien des Gaules. En 364, il passa en Italie pour combattre les ariens, représentés à Milan par l’évêque Auxence; mais l’empereur Valentinien intervint au milieu du débat et enjoignit à Hilaire de rentrer dans son diocèse. Il y mourut le 13 janvier 368.
Saint Jérôme faisait beaucoup d’estime de ses ouvrages, composés « avec une magnificence qui approchait de la poésie )) ; il l’avait surnommé « le Rhône de l’éloquence ». Le pape Pie IX l’a mis au nombre des docteurs de l’Eglise.