LES DEUX SAINTES MACRINE
Mcicrine V Ancienne, ainsi désignée pour la distinguer de la sœur de Basile, dont elle était l’aïeule paternelle , appartenait à l’une des plus riches familles du Pont. Elle habitait Néo-Césarée, sur le Lycus. Dès son jeune âge, la sainteté et les miracles de l’évêque Grégoire avaient causé sur elle une impression profonde ; ce fut sur les principes du grand Thaumaturge qu’elle forma son esprit, et plus tard celui de ses petitsenfants, à la plus haute dévotion. Sous Galère et Maximin, elle souffrit de la persécution qui décima les églises de l’Asie depuis 304 jusqu’en 311 : ses biens furent en partie confisqués, et elle fut obligée de vivre cachée dans les bois. Elle mourut avant 340. Sa mémoire est honorée le 14 janvier.
Fille de saint Basile l’Ancien et de sainte Emrnélie, Macrine la Jeune naquit vers 327, à Césarée. C’était l’aînée de dix enfants, dont trois, Basile, Pierre de Sébaste et Grégoire de Nysse, durent à ses leçons de mépriser le monde et de s’attacher uniquement à Dieu. Fiancée à un jeune avocat de sa province, elle prit occasion de sa mort prématurée pour refuser les différents partis qui se présentèrent. Quand sa mère fut devenue veuve (349), elle l’aida à gouverner la maison, non seulement par une active surveillance, mais en s’occupant elle-même des menus soins domestiques; « elle faisait l’ouvrage de plusieurs servantes, )) a dit Basile. Ce qui ne l’empêchait pas d’être pour lui, en même temps que la meilleure des amies, un modèle qu’il suffisait de suivre pour toucher à la perfection ; la gravité de sa conduite , l’égalité de son humeur, la sagesse de ses discours exercèrent sur ce frère , qui fut une des lumières de l’Orient, la plus heureuse influence. Après avoir marié ses quatre jeunes sœurs, Macrine engagea sa mère à embrasser la vie religieuse. En 357, elle institua dans son domaine d’Annesi, aux portes de Césarée, une communauté , où les principales familles duPont et de la Cappadoce envoyèrent bientôt leurs filles, et en écrivit ellemême la règle, fondée sur l’amour de la pauvreté et du sacrifice, la
pratique des mortifications, une oraison assidue jointe au chant des psaumes. Elle survécut à peine quelques mois à saint Basile, dont la perte lui fut très sensible. « Ne nous affligeons pas, )) dit-elle pourtant à saint Grégoire de Nysse, qui était venu lui apporter la triste nouvelle, « comme ceux qui n’ont point d’espérance. )) Et comme le jeune évêque se lamentait, elle se mit en devoir de lui démontrer que la raison non moins que la foi assurait à l’homme après sa mort une destinée sans fin. Ses considérations étaient si élevées, que son frère crut devoir les recueillir pour en former la matière d’un traité sur l’immortalité de l’âme. Macrine la Jeune mourut le 10 juillet 379, et sa mémoire est en honneur ce jour-là.
SAINT PAUL