SAINT BERNARDIN DE SIENNE
La mort île saint Bernardin de Sienne. D'après une peinture à fresque de Pinturiccliio, dans l’église de Sainte-Marie in Ara Cœli, à, Rome. XVIe siècle.
développèrent les heureuses dispositions qu’il avait reçues de la nature. A dix-sept ans, il entra dans la confrérie de Notre-Dame pour y servir les malades. La peste ayant éclaté à Sienne, il se dévoua pendant quatre mois au service de l’hôpital, consacrant les jours et les nuits à consoler et à soulager de tout son pouvoir ceux qui avaient besoin de secours. Puis il s’enferma étroitement dans une maison retirée, et redoubla ses jeûnes et ses prières jusqu’au moment où un avertissement d’en haut lui inspira la résolution d’embrasser la vie religieuse. Il choisit, pour en prendre l’habit, les franciscains de l’étroite observance (1404) ; malgré leur sévérité, la ferveur dont il était animé lui fit enchérir sur les prescriptions de la règle. Comme depuis longtemps il se préparait au ministère de la prédication, ses supérieurs lui ordonnèrent de s’y livrer. D’abord il eut de grandes difficultés, à cause d’une faiblesse de voix accompagnée d’enrouement; mais il en dut la guérison à l’intercession de la sainte Vierge, à qui il s’était consacré par un culte particulier.
Durant l’espace de quatorze ans, Bernardin se contenta de prêcher dans le pays de sa naissance ; à la fin, l’éclat de sa vertu et de ses talents trahit son humilité, et il visita la plupart des villes d’Italie. Le succès de ses sermons était si éclatant, que les pécheurs ne pouvaient l’entendre sans être touchés jusqu’aux larmes et pénétrés d’un profond sentiment de repentir. Consulté sur la vraie manière d’annoncer la parole, il répondit : « Ayez soin de chercher en tout le royaume de Dieu et sa gloire; ne vous proposez que de sanctifier son nom; conservez la charité fraternelle, et pratiquez, le premier, ce que vous voulez enseigner aux autres. Par là, l’Esprit- Saint deviendra votre maître ; il vous inspirera cette sagesse et cette force auxquelles nul 11e saurait résister. » Les troubles causés par les Guelfes et les Gibelins donnèrent souvent de l’exercice à son zèle. Ayant appris que les deux factions rivales menaçaient d’en venir aux mains à Pérouse, il s’y rendit en hâte, et, dès son arrivée sur la place publique, apostropha ainsi les habitants : (( Dieu, que vous offensez grièvement par vos divisions, m’envoie vers vous, comme son ange, pour annoncer la paix aux hommes de bonne volonté sur la terre. )) Il prononça ensuite quatre dis-
21 mai. — SAINT EUTROPE ET SAINTE ESTELLE.
cours sur la nécessité cl’uue réconciliation générale, et s’écria en terminant : « Que tous ceux qui ont des sentiments de paix se rangent à ma droite! )) Il ne resta, dit-on, à sa gauche qu’une seule personne.
Elu en 1438 vicaire général de son ordre, Bernardin en profita pour rétablir l’étroite observance daus beaucoup de couvents où la règle s’était relâchée, et il en fit élever un grand nombre d’autres en différentes provinces. Sa congrégation fit de rapides progrès et compta bientôt plus de 5,000 religieux. Relevé de sa charge, sur sa demande, en 1443, il reprit ses prédications, et un an plus tard, il mourait d’une fièvre maligne, à Aquila, dans les Abruzzes (20 mai 1444). En 1450, Nicolas Y le canonisa.