‹ La Vie des saintsChapitre 22 sur 536 · SAINT ANTOINE · texte numérisé non relu

SAINT ANTOINE

Au milieu de cette foule de solitaires qui rendirent un lustre glorieux à la vieille terre d’Egypte se détache une figure éminente, celle d’Antoine, qui a mérité d’être appelé leur patriarche. Né en 251 , au village de Com, près d’Héraclée, dans une famille de riches chrétiens, il façonna de bonne heure son esprit à la vertu. A peine âgé de vingt ans, il vendit ses terres, en donna le prix aux pauvres, et se retira près d’un vieil ermite du voisinage. A cette époque, les cellules des anachorètes étaient encore rares en Egypte et toujours situées non loin des habitations. Antoine fut l’un des premiers qui s’en éloigna au contraire jusqu’à ce qu’il fût isolé en plein désert : c’est ainsi qu’il passa plus de trente années d’abord au fond d’un vieux sépulcre, puis au milieu des ruines d’un château. D’abord il vécut seul , livré à une lutte de tous les instants contre les tentations du démon et de la chair, et ne remporta la victoire qu’à force de privations et d’austérités, et surtout par le secours de la prière, qu’il faisait d’ordinaire aussi longue que la nuit.

En domptant le corps, il avait conquis la liberté de l’âme. <( Cette longue et heureuse solitude, dit M. de Montalembert, est troublée par les disciples qui accourent autour de lui, par les ermites voisins qui viennent lui demander les secrets de la science de Dieu. Des pèlerins lui présentent leurs infirmités à guérir, leurs consciences à purifier ; les philosophes alexandrins lui apportent leurs doutes et objections, et trouvent en lui l’apologiste subtil et vigoureux, ingénieux et éloquent de la rédemption. On se groupe, on s’établit autour de lui ; Ton y reste pour l’imiter en lui obéissant ; il devient le père et le chef de tous les

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