‹ La Vie des saintsChapitre 23 sur 536 · JANVIER. — SAINT ANTOINE · texte numérisé non relu

JANVIER. — SAINT ANTOINE

solitaires de la Thébaïde, qu’il transforme ainsi en cénobites. En les gouvernant par ses exemples et ses enseignements, il substitue à la vie isolée la vie commune, si nécessaire pour abattre l’orgueil, et pour fortifier, éclairer, vivifier la ferveur. Il les guide à la fois dans la culture de l’âme et dans le travail des mains, double et incessante activité qui doit désormais remplir leur vie. ))

Deux fois, Antoine rentra dans le monde pour combattre les païens et les hérétiques.

En 311, pendant la persécution de Maximin, il se rendit à Alexandrie et assista les chrétiens devant les juges et jusqu’au lieu des exécutions; en 335, il y retourna à la sollicitation d’Athanase, le grand évêque, qui devait être son ami et l’historien de sa vie et de ses miracles. Il prêcha sur les places publiques , convertit un grand nombre d’ariens, rendit partout témoignage à la divinité du Christ. L’enthousiasme éclatait à sa vue, et le peuple accourait sur ses pas en criant : « Laissez-nous voir l’homme de Dieu! » Entre les deux voyages, il avait quitté le pays d’Arsinoé, où les moines devenaient trop nombreux à son gré, et, s’enfonçant de plus en plus dans le désert, il était allé se fixer au pied d’une montagne, proche de la mer Rouge ; là, pour épargner à ses disciples la peine de lui apporter à manger, il défricha un bout de champ, y sema du blé et en retira une récolte suffisante pour ses besoins ; parfois aussi, afin de n’être pas inactif, il s’occupait à tresser des nattes. De temps en temps,

Fig. 8. — Saint Antoine. Statuette en pierre, du XIIIe siècle.

il visitait ses anciens monastères, donnant des conseils et des règles de conduite sans vouloir jamais en gouverner aucun. Nous avons vu dans la vie de saint Paul l’ermite comment il l’assista dans ses derniers moments (342). Quant à lui, il conserva jusqu’à la fin une santé robuste, la beauté des traits, la gaieté du caractère, et mourut, plus que centenaire, en 356, après avoir fondé par son exemple et sa popularité l’influence et la grandeur de la vie religieuse.

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