‹ La Vie des saintsChapitre 225 sur 536 · JUIN. — SAINT BONIFACE · texte numérisé non relu

JUIN. — SAINT BONIFACE

les rangs de son clergé par la propagation des erreurs d’Arius et par le funeste voisinage des Francs. Muni d’une délégation nouvelle, à l’effet d’achever l’organisation ecclésiastique, il retourna en Germanie (740), et son premier soin fut de convoquer un synode à Salzbourg,

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Fig. 1 12. — Saiut Boniface, archevêque de Mayeuee. D’après une gravure du XVIe siècle.

par lequel la Bavière fut divisée en quatre diocèses. Bientôt la mort de Charles Martel permit d’entreprendre la réforme du clergé simoniaque et peu instruit dont il s’était entouré. Boniface, dans un second synode, fit d’abord reconnaître son autorité métropolitaine, puis rétablir les églises dans leurs droits et biens, dégrader les clercs intrus, et proscrire sévèrement les restes du paganisme. Le concile de Lep-

tines (Lestines, en Hainaut), qu’il présida, renouvela les mêmes défenses : tous les ordres du clergé y promirent de faire revivre, par leurs mœurs et leur doctrine, les saintes règles des Pères (743). Au concile de Soissons, il fut ordonné de publier partout le symbole de Nicée. Partout on rattacha l’épiscopat par un lien plus étroit à la chaire de saint Pierre, et l’on constitua sur les bords du Rhin un siège puissant, (( dont l’autorité s’étendit à la fois sur la frontière chrétienne et sur le champ de bataille des missions ». Mayence fut érigée en métropole en faveur du grand apôtre (748), qui ne se résigna à devenir archevêque qu’après une longue résistance. En cette qualité, il vint à Soissons sacrer Pépin, roi des Francs, suivant l’ordre qu’il en reçut du pape Zacharie.

Au milieu des agitations d’une vie mêlée à toutes les affaires de l’Eglise et de l’Etat, Boniface entretenait une correspondance active avec les grands pour les rappeler au respect de la morale ou de la justice, avec ses amis d’Angleterre qui regrettaient ses leçons ; on y pressent une âme délicate, tourmentée de scrupules du côté de Dieu, et froissée de la dureté du siècle. Un de ses plus beaux établissements fut l’abbaye de Fulde, qu’il fonda comme une citadelle au centre de la barbarie. Cependant il n’avait jamais détourné ses regards de la Frise, et la nouvelle qu’elle était retombée dans l’idolâtrie le détermina à lui consacrer ses derniers efforts. Il remit à Lull, son disciple, la dignité épiscopale, emmena avec lui une dizaine de prêtres et de moines, et descendit le Rhin jusqu’à Utrecht (755). Plusieurs milliers de personnes avaient déjà reçu le baptême lorsque, le 5 juin, près de Dockmn, au moment de célébrer la messe, il fut assailli par une troupe de barbares; ils se jetèrent sur lui et le massacrèrent avec tous ceux de sa suite.

C’était terminer par la couronne d’une héroïque mort une carrière qu’avaient illustrée de grands et pénibles travaux. Aussi la postérité a-t-elle placé Boniface parmi les bienfaiteurs de l’Allemagne, dont il est l’apôtre, et l’Eglise le compte-t-elle au nombre des plus dévoués serviteurs de sa gloire et de son unité.

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