SAINT SILVÈRE
Silvère, né en Campanie, était fils du pape Hormisdas, qui avait été engagé dans le mariage avant d’être revêtu des ordres sacrés. En 536, Théodat, roi des Goths, le plaça sur le trône pontifical ; comme ce choix s’accorda avec le vœu du clergé, l’élection fut déclarée canonique. Peu après, Bélisaire, général de Justinien, ayant repris Rome sur les barbares, l’impératrice Théodora profita de cette occasion pour faire entrer Silvère dans ses intérêts. Conseillée par l’ambitieux Vigile, qui aspirait à gouverner l’Eglise, elle demandait au pape de remettre sur le siège de Constantinople Anthime, qui en avait été banni comme
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hérétique. Voyant ses efforts inutiles, elle manda à Bélisaire de se saisir de lui et de l’embarquer pour être conduit à Patare, en Lycie; ce qui fut fait. Justinien, instruit du véritable état des choses, rappela l’exilé et le rétablit dans sa dignité. Son retour fit trembler Vigile sur la chaire pontificale, où il s’était frauduleusement installé. Il obtint
Fig. 121. — Justinien, empereur d’Orient, prosterné aux pieds de Jésus-Christ. D’après une mosaïque de Sainte-Sophie de Constantinople. VIe siècle.
alors de Bélisaire que Silvère fût mis en sa garde ; dès qu’il l’eut entre ses mains, il l’envoya dans l’îlot de Palmaria, vis-à-vis de Terracine, et l’y laissa mourir de faim (juin 538).
SAINT LEUFROI.
Au nord d’Evreux, sur les bords de l’Eure, et à l’endroit même où saint Ouen avait érigé une croix en mémoire du signe lumineux qui lui était apparu, il y eut une abbaye d’hommes qui passait pour une des plus anciennes de la Normandie; elle avait pour fondateur un habitant d’Evreux, Leufroi. Après avoir fait au monastère de Saint-Taurin l’ap-
prentissage de la vie religieuse, il se retira en pleine campagne, bâtit un ermitage dont l’accès fut interdit aux femmes, et passa plusieurs années dans l’oraison, les austérités et l’instruction des enfants. Le désir d’une perfection plus grande le porta à se rendre à Cailly, près d’un pieux solitaire, puis dans le pays de Caux, sous la discipline de saint Saëns. Sur les conseils de l’évêque Ansbert, qui conçut pour lui une estime particulière, il introduisit l’ordre monastique aux environs de sa patrie (698). Une nombreuse communauté se forma, sous le nom de la Croix-Saint-Ouen, puis de la Croix-Saint-Leufroi, et notre saint en fut le premier abbé. On rapporte de lui un grand nombre d’actions miraculeuses, qui répandirent son nom au loin ; en un voyage qu’il fit en Lorraine auprès de Charles Martel, il guérit un de ses fils, Griffon, d’une fièvre pernicieuse. Leufroi mourut le 21 juin 738, et eut pour successeur Agofroi, son frère, également canonisé.
SAINT RAOUL
D’origine franque, il avait pour père un autre Raoul ou Radulphe, comte de Quercy et seigneur de Turenne. Confié aux soins de l’abbé de Solignac, près Limoges, il reçut, en 823, la tonsure cléricale et gouverna, dans la suite, un monastère, jusqu’ici inconnu. En 840, il fut élu évêque de Bourges, et il se passa peu d’événements dans l’Eglise auxquels il n’eut quelque part, comme la tenue de plusieurs conciles, où il montra beaucoup de zèle pour la réforme des abus. Ce fut lui qui couronna roi d’Aquitaine Charles, fils de l’empereur Charles le Chauve (855), et ce jeune prince, afin de lui marquer son amitié, lui donna l’abbaye de Fleury. Raoul employa son propre bien à en fonder plusieurs autres dans les provinces du Berry, du Limousin et du Quercy. Avec quelle sollicitude il administra son diocèse, nous en avons une preuve par Y Instruction pastorale adressée à tous ses clercs, touchant l’observance de leurs devoirs. Il mourut en 866, le 21 juin. Ce prélat est le premier évêque de Bourges qui ait été décoré par le saint-siège du titre de primat des Aquitaines.