SAINT LOUIS DE GONZAGUE
De l’illustre famille des Gonzague, fils aîné de Ferdinand, prince du saint-empire, Louis naquit au château de Castiglione, le 9 mars 1568. Dès qu’il put balbutier, on lui fit répéter des mots de piété, puis des prières, et quand il eut un peu grandi, il contracta l’habitude de se retirer à l’écart pour y pratiquer ses dévotions.
Cette ferveur précoce déplut à son père, qui tenta de lui inspirer d’autres goûts et l’emmena à la cour de François de Médicis, grand-duc de Toscane ; mais bien loin de se laisser corrompre à un air si contagieux, le jeune Louis continua toujours ses exercices spirituels, et pour triompher plus aisément des embûches du monde, fit vœu de chasteté et se mit sous la protection de la sainte Vierge.
La cour de Mantoue, oh l’envoya bientôt son père, n’eut pas plus d’influence sur sa piété que celle de Florence; tout au contraire, car les années qu’il y passa marquèrent définitivement sa vocation. Aimer Dieu et le prier sans cesse, telle devait être sa vie, et pour prouver cet amour et se rendre digne des faveurs célestes, il ne reculait devant aucune mortification de la chair. Il alla même si loin dans cette voie qu’il mit sa santé en danger et qu’on fut obligé de le ramener à Castiglione. Ainsi, au cœur de l’hiver, il sortait de son lit et se tenait debout jusqu’à ce que le froid le fît tomber en faiblesse. Ses domestiques le virent souvent tantôt prosterné devant un crucifix , les bras levés, fondant en larmes ; tantôt ravi en extase et immobile comme une statue. Il n’avait cependant que douze ans à cette époque; peu après, il reçut sa première communion des mains de Charles Borromée, archevêque de Milan. Pendant un voyage en Espagne, arrivé à l’âge de seize ans, il jugea le temps venu d’exécuter le dessein qu’il avait formé d’entrer en religion (1581), et il choisit la compagnie de Jésus.
On ne saurait dire quelle vertu manqua à Louis de Gonzague dans l’état religieux ; il était la perfection même. Non content de remplir strictement ses devoirs, il y ajoutait, allant visiter les hôpitaux, catéchiser les pauvres et les paysans. Au troisième mois de son noviciat,
il était assez détaché des choses du inonde pour apprendre sans émotion la mort de son père, rendant grâce à Dieu de ce qu’elle avait été celle d’un bon chrétien. Son ardeur pour les pénitences corporelles était si vive qu’à ses derniers moments, après avoir reçu le viatique, il suppliait encore qu’on lui donnât la discipline.
Mais cette grande mortification extérieure était accompagnée et soutenue d’une parfaite répression intérieure de ses passions et de ses appétits. Il s’était appliqué à vaincre tous les mauvais penchants de l’homme et à cultiver toutes les vertus qui leur sont opposées ; il pratiqua plus particulièrement, et au degré héroïque, celles d’humilité, d’obéissance, de pauvreté, d’amour du prochain.
Il mourut dans la nuit du 20 au 21 juin 1591, âgé seulement de vingttrois ans, des suites de la peste qu’il avait gagnée trois mois auparavant à Rome, au chevet des malades. Benoît XIII le canonisa en 1726.
22 juin.