‹ La Vie des saintsChapitre 255 sur 536 · SAINT PAULIN DE NOLE · texte numérisé non relu

SAINT PAULIN DE NOLE

Paulin, né en 353, aux environs de Bordeaux, comptait parmi ses aïeux une longue suite de sénateurs. Son père, Pontius Paulinus, était préfet des Gaules, charge qui faisait de lui le premier magistrat de l’Occident. A cette haute naissance il joignait un esprit élevé, un génie fécond, une facilité merveilleuse à s’exprimer. Il cultiva ces dispositions aux célèbres écoles de la Gaule, où il eut pour principal maître le poète Ausone. Il n’avait pas vingt-six ans lorsqu’il fut nommé consul suffète, et peu après il épousa une Espagnole, nommée Thérèse, qui n’était pas moins riche en biens qu’en vertus.

Après avoir passé un assez long temps dans l’administration des affaires publiques, il y renonça tout à coup, au grand désappointement de sa famille (390) : ses fréquents entretiens avec de saints personnages, comme Ambroise, Martin et Victrice, le baptême qu’il avait reçu des mains de l’évêque Delphin, les conseils de sa femme, enfin les révolutions politiques qui suivirent la mort de Gratien, tout lui remontrait la nécessité de songer à Dieu et à son salut. Il se retira donc en Espagne, près de Barcelone. La perte d’un fils unique le confirma davantage dans sa résolution. Dès lors il quitta le sénat, changea solennellement d’habit pour bien marquer sa séparation d’avec le monde, distribua ses richesses aux malheureux, racheta une foule de captifs et de débiteurs ; puis, d’accord avec sa femme qui n’était plus qu’une soeur pour lui, il alla s’ensevelir dans un petit domaine qu'il s’était réservé à Noie, en Campanie (394), près du tombeau de saint Félix, pour lequel il avait conçu une dévotion singulière. Cette action fut traitée de folie par les gens du siècle ; mais elle parut si belle à deux de ses amis, les saints Epvre {Aper) et Sulpice Sévère, qu’ils s’empressèrent de l’imiter.

Plusieurs chrétiens, clercs et laïques, étant venus se joindre à Paulin, il en forma une sorte de communauté monastique, assujettie à une règ'le sévère et pratiquant des austérités rigoureuses. Toutefois il continua, d’après l’avis de saint Jérôme, à cultiver la poésie, en la consacrant à des sujets pieux : tels sont les dix-huit poèmes composés d’année en année en l’honneur de saint Félix. « Laisse-moi me tenir assis à ta porte, )) dit-il au martyr; « souffre que je balaye tes parvis et que je veille à leur garde. Laisse-nous finir nos jours dans ces emplois que j’aime. C’est là notre nid; c’est laque, réchauffés, nous croissons pour une meilleure vie, et dépouillant le fardeau terrestre, nous sentons germer en nous quelque chose de divin, et naître les ailes qui nous égaleront aux anges. »

Elu évêque de Noie vers 409, Paulin ne chercha jamais qu’à se faire aimer ; il édifiait les uns par ses discours et par ses épîtres, les autres par ses exemples. « J’ai lu vos lettres, » lui écrivait saint Augustin; « elles sont pleines d’une foi sincère, d’une ferme espérance et d’une charité pure. » Il mourut à Noie en 431, le 22 juin. Son corps fut enterré plus tard à Rome, dans l’église de Saint-Barthélemy.

23 juin.

SAINTE ÉTHELDRÈDE.

C’était la fille d’Anna, roi d’Est-Anglie, et la nièce de la grande abbesse Hilda. Née vers G10, elle avait une sœur reine des Merciens, et une autre reine du Kent. Sous le diminutif d’Audrey, elle est demeurée populaire en Angleterre.

Par la volonté de ses parents, elle épousa successivement Tondbert, roi des Gysiens, et Egfrid, roi de Northumbrie; mais, ayant résolu de se vouer à Dieu, elle obtint de vivre dans la continence. Elle finit par prendre le voile, sur le conseil de saint Wilfrid. D’abord elle se retira au couvent de Coldingham. Elle fut bientôt contrainte de fuir

23 juin. — SAINTE ÉTHELDRÈDE.

loin de cet asile pour échapper aux poursuites de son second mari, qui ne put supporter longtemps le sacrifice qu’il s’était imposé. Sous l’habit d’une mendiante, elle alla se réfugier dans hile d’Ely (672), ”011 elle fonda un double monastère, qui eut bientôt une importance cou-

Fig. 122. — Sainte Étheldrède. D’après une gravure du XVIe siècle,

sidérablei On a peu de détails sur cette époque de sa vie ; on sait seulement qu’elle donna, pendant les sept ans qu’elle passa à Ely , l’exemple de toutes les vertus monastiques, et qu’elle }r mourut de la peste, le 23 juin 679. Etheldrède fut une des grandes saintes du moyen âge, et les écrivains s’appliquèrent à célébrer ses mérites.

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