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SAINT SÉBASTIEN

Narbonne fut sa patrie ; mais sa famille était originaire de Milan, et il y passa sa jeunesse, montrant pour la foi nouvelle une ferveur qu’il

devait peut-être aux leçons de l’évêque Materne. Malgré sa répugnance pour l’état militaire, il prit clu service dans l’armée de Carin, se distingua

par son courage et une exacte discipline, et parvint au grade de chef d’une cohorte prétorienne. A Rome, où il suivit Dioclétien lors de son élection à l’empire (284), il eut mainte occasion d’être utile à ses frères et la saisit avec empressement; il s’employait à visiter les chrétiens prisonniers, à pourvoir à leurs nécessités, à raffermir leurs vertus au milieu des tourments, et à retenir ceux qui étaient près d’être abattus. C’est ainsi que toute une famille lui dut, sinon la vie, du moins de pieuses consolations et la grâce d’ouvrir les yeux à la lumière.

Deux frères, Marc et Marcellin, condamnés à mort, étaient sur le point de céder aux larmes de leurs parents, Tranquillin et Marcie, et de sacrifier aux idoles ; Sébastien courut à eux, les rappela d’une faiblesse passagère, et convertit ceux qui

Fig. 9. — Saint Sébastien, par André Hantegna. XVe siècle. clld cllUient- à leS faire apOSta-

sier. Les fonctionnaires impériaux Chromace et Nicostrate, avec Tiburce, fils de l’un, et Zoé, femme de l’autre, suivirent cet exemple, et tous ensemble, victimes et persécuteurs, ne tardèrent pas à gagner la palme du martyre. Dioclétien finit par apprendre l’active propagande que faisait à Rome

21 janvier. — SAINTE AGNÈS.

un de ses officiers en faveur d’une religion, tantôt à peine tolérée, tantôt proscrite avec fureur ; il le dépouilla de son grade et le livra à la justice. On l’attacha à un poteau, et des archers le criblèrent de flèches. La nuit d’après, une veuve nommée Irène, dont le mari, mort dans les supplices, avait donné asile aux fils de Tranquillin, étant venue pour l’enterrer, s’aperçut qu’il respirait encore ; elle le fit porter dans sa maison, et les soins qu’elle lui prodigua l’eurent bientôt guéri. Sébastien, au lieu de se cacher comme on l’en conjurait, alla se mettre sur le passage de l’empereur qui se rendait au temple, et lui reprocha ses injustes préventions contre des sujets paisibles et fidèles. Il fut à l’instant puni de cette généreuse hardiesse : battu de verges, il mourut sous les coups, et son corps fut jeté dans un cloaque (20 janvier 288). On l’en retira secrètement pour le transporter aux Catacombes, en un lieu au-dessus duquel le pape Damase érigea, au siècle suivant, une église en son honneur.

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