‹ La Vie des saintsChapitre 262 sur 536 · MISSION DE SAINT PIERRE · texte numérisé non relu

MISSION DE SAINT PIERRE

Fig. 130. — Les apôtres, réunis au pied de la croix, se séparent pour porter l’Évangile aux nations. D’après une peinture de Ch. Gleyre. XIXe siècle.

ceux qui l’avaient reçu cl’être remplis de vin. Éclairé d’une lumière nouvelle, Pierre prononça devant les ennemis du Christ un discours aussi sage que courageux. A quelques jours de là, il guérit un pauvre perclus sur les marches du temple; haranguant ensuite la foule, il rejeta la gloire de ce miracle sur celui qn’on avait crucifié et qui, selon les oracles, était ressuscité pour le salut de tous. Il parlait encore lorsque les prêtres et les sadducéens se saisirent de lui et de Jean et les jetèrent en prison. Le lendemain, ils comparurent devant une assemblée de sénateurs, de magistrats et de docteurs de la loi; mais leur fermeté, et surtout celle de Pierre, obligea de les renvoyer sans oser leur faire aucun mal. De cette époque date le premier épanouissement de l’Église apostolique.

Toute la multitude des fidèles n’avait qu’un cœur et qu’une âme. Personne ne disait avoir rien en particulier; tous les biens étaient communs, car ceux qui possédaient terre ou maison les vendaient et en remettaient le prix aux apôtres. L’abandon était libre et un pur don de charité; la renonciation une fois faite, la violer devenait un sacrilège. Deux époux, Ananias et Saphira, retinrent et dissimulèrent une partie du bien vendu, qu’ils avaient voué sans réserve. Malgré sa bienveillance naturelle, Pierre crut devoix à ses fonctions et à la communauté un exemple terrible de punition. » Ananias, » dit-il à l’homme, « tu as menti à Dieu. » Ananias tomba mort sur-le-champ; la femme, ayant fait une déclaration mensongère, eut le même sort. Ce châtiment causa parmi les Juifs une crainte salutaire. Telle était pourtant leur confiance en la bonté de l’apôtre qu’ils plaçaient les malades sur son passage, persuadés que son ombre, en les couvrant, suffirait à les guérir. Emprisonné de nouveau, Pierre déclara, devant le sanhédrin, qu’il se croyait obligé d’obéir à Dieu plutôt qu’à l’autorité du pontife; il n’en fut pas moins battu de verges, et défense lui fut faite de prêcher en public. Il parcourut alors plusieurs provinces : à Samarie, il reprit sévèrement Simon le magicien, qui avait pensé pouvoir acheter à prix d’argent la puissance dont il voyait les apôtres revêtus ; à Lydda, il guérit un paralytique ; à Joppé, il rendit Tabitha à la vie ; à Césarée enfin, il baptisa le centenier Corneille.

29 juin. — SAINT PIERRE.

Fig. 131. — Saint Pierre délivré de prison par un ange. D’après une peinture à fresque de Bapliaël, au Vatican. XVIe siècle.

Le nombre des fidèles s’augmentait de jour en jour, ainsi que la baine du vieux parti juif. On résolut d’en finir avec les chrétiens par

l’extermination de leurs chefs. Le diacre Étienne fut lapidé; Jacques le Majeur eut la tête tranchée. Par l’ordre d’Hérode Agrippa, Pierre fut mis en prison une troisième fois (44) ; mais la nuit même du jour que le tyran avait fixé pour son exécution, il fut délivré par miracle. Sortant aussitôt de la ville, il se retira à Antioche, où il était déjà venu établir sa chaire. Nous le retrouvons en 51 au concile qui fut tenuà Jérusalem; il y appuya la déclaration, proposée par saint Paul, d’affranchir les gentils des observances de la loi judaïque. Depuis longtemps, il avait jugé que Borne serait le lieu le plus propre à la propagation de la parole divine, dont il était le premier ministre. Cette grande cité qui, comme dit saint Léon, avait, par sa puissance et sa célébrité, répandu la superstition sur toute la terre, devait, dans les desseins de la Providence, devenir la servante de la vérité, et étendre sa domination spirituelle bien au delà des bornes de son terrestre empire.

A son arrivée à Rome, Pierre habita au faubourg du Transtévère, près de l’endroit où s’élève l’église de Sainte-Cécile. Bientôt le sénateur Pudens, l’ayant entendu, se déclara converti et lui donna asile dans son propre palais du mont Viminal. Lorsqu’il eut appris par révélation que l’époque de sa mort était proche, l’apôtre voulut réveiller les fidèles et leur laisser par écrit un abrégé des vérités qu’il leur avait enseignées ; de là, ses deux épitres, conçues avec autant de vigueur que de mansuétude. Après l’incendie de Rome, Néron détourna sur les juifs et les chrétiens le terrible soupçon qui pesait sur lui, et feignant de les croire coupables, il dirigea contre eux une persécution sauvage. L’affranchi Ælius, auquel il avait laissé le soin de gouverner la ville, profita de son départ pour la Grèce, en 67, pour en renouveler les fureurs. Il fit arrêter Pierre et Paul en même temps. Le premier, enfermé dans la prison Mamertine, y demeura neuf mois attaché à la chaîne. Condamné au supplice de la croix, il pria les bourreaux de l’y établir la tête en bas, et non à la manière ordinaire, (( afin, dit-il, qu’on ne vit pas le serviteur dans la même attitude qui avait convenu au maître ». Ainsi finit, par cet acte de profonde humilité, le prince des apôtres.

Outre la principale fête de saint Pierre, que l’Église célèbre le 29 juin, jour de sa mort, elle solennise encore la mémoire de ses liens

29 juin

SAINT PAUL

le 1er août-, celle de la dédicace de sa basilique le 18 novembre, celle de sa chaire à Antioche le 22 février, et celle de sa chaire à Rome

Fig. 132. — Martyre de saint Pierre et de saint Paul. D'après un vitrail de la cathédrale de Bourges.

le 18 janvier. Saint Pierre est le patron de Rome, ainsi que d’un grand nombre de peuples et de villes.

SAINT PAUL

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