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SAINT EUSTATHE

Eustathe, né à Side en Pamphylie, se rendit remarquable par une grande connaissance des lettres divines et humaines et par une piété

Fig. 148. — Le roi Robert le Pieux composant des séquences et des répons en latin.

D’après une miniature d’un ms. du SrVc siècle.

ardente, qui le firent regarder comme un des plus fermes appuis de la religion. Le titre de confesseur que saint Athanase lui donne souvent prouve qu’il fut du nombre des chrétiens persécutés sous Dioclétien et ses successeurs. La ville de Bérée (aujourd’hui Alep) le choisit pour évêque en 323. Deux ans plus tard, son savoir, son éloquence et surtout

son éminente sainteté le firent élire patriarche d’Antioche ; il s’opposa d’abord à cette élection parce qu’il était alors interdit à un évêque de passer d’un siège inférieur à un supérieur, et s’il finit par se rendre, c’est qu’on lui prouva qu’il en résulterait un bien pour l’Eglise. Eustathe se trouva l’un des premiers au concilede Nicée, assemblé en juin 325, eut beaucoup de part à tout ce qui s’y fit contre les ariens, et fut chargé d’en porter les décrets à Constantin pour qu’il leur donnât force de loi civile dans l’empire.

Le zèle qu’il avait montré dans la défense de l’orthodoxie détermina les hérétiques à le perdre. Eusèbe de Nicomédie, qui était regardé comme leur chef, conduisit l’intrigue. 11 feignit un vif désir de visiter les lieux saints de Jérusalem, noua des intelligences en route avec les évêques de son parti, et les ramena à Antioche. Là, ils tinrent une espèce de synode, où le patriarche fut déposé, sur la plainte d’une femme apostée par ses ennemis, laquelle l’accusa faussement de l’avoir séduite. A cette nouvelle, une sédition éclata parmi le peuple, fort attaché à son pasteur. Constantin, circonvenu par les ariens, se persuada qu’Eustathe était coupable du crime qu’on lui imputait, et l’envoya en exil dans la Thrace (331), puis en Illyrie. Sur la fin de ses jours, ilpassa à Philippes, en Macédoine, et y mourut vers 338. Les Pères de l’Église ont donné les plus grands éloges à saint Eustathe : ils le comparent aux Athanase et aux Hilaire pour le courage et le talent qu’il mit au service de la foi. Nous n’avons plus ses ouvrages, et c’est une véritable perte ; car on y admirait l’élévation des pensées, la beauté de l’expression et la délicatesse du discours.

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