JUILLET. — SAINT ALEXIS
ses parents étaient chrétiens fervents, ils donnèrent à leur fils une éducation religieuse et lui enseignèrent, surtout par leurs exemples, la pratique des vertus et de la piété. On le maria dans les conditions les plus brillantes. Alexis, cependant, au milieu des fêtes nuptiales prenait une grave résolution, et le soir même, abandonnant tout pour Dieu, parents, femme, fortune, il partait secrètement. Il arriva à Laodicée, puis à Edesse, où, se jugeant assez loin des siens, il s’arrêta. Comme il avait pris avec lui quelques joyaux pour subvenir à . son voyage, il vendit ce qui lui en restait pour en distribuer le prix aux pauvres. Devenu ainsi
Fig. 149. — ■ L’aumône. D’après une fresque des Catacombes.
pauvre lui-même, il alla s’installer sous le porche d’une église, et il tendait la main aux fidèles qui entraient ou sortaient. Ses parents envoyèrent des serviteurs à sa recherche. Ils passèrent à Edesse : Alexis les reconnut, leur demanda l’aumône et la reçut, bénissant Dieu de cette humiliation; quant à lui, il était si changé qu’ils furent loin de penser que ces haillons couvraient le jeune maître qu’ils cherchaient.
Alexis demeura dix-sept ans sous le porche de l’église. On commençait à le vénérer comme un saint; les aumônes lui venaient trop abondantes, et sa vie se faisait trop douce. Il avait fui la maison paternelle pour jouir de toutes les privations, pour s’humilier; les soins dont on l’entourait lui firent peur, il repartit. Son dessein était d’aller à Tarse, mais une tempête le jeta en Italie, et il gagna Rome. Là, pris d’une soudaine inspiration, il résolut d’aller demander à ses parents un coin dans leur maison, où il passerait sa vie. Ce qu’il souhaitait lui fut ac-
cordé, et à chaque instant il apercevait quelqu’un de ceux qui lui étaient chers, son père, sa mère, sa femme, un vieux serviteur, et les élans comprimés de sa tendresse lui dévoraient le cœur. Il vécut encore dixsept ans ainsi. Se sentant mourir, il écrivit en quelques mots son histoire sur un morceau de parchemin, et, le serrant entre ses doigts, il expira (405) .