‹ La Vie des saintsChapitre 314 sur 536 · SAINTE AFRE · texte numérisé non relu

SAINTE AFRE

Afre était une païenne de mauvaise vie, qui habitait la ville d’Augsbourg, lorsque l’Espagnol Narcisse vint y prêcher l’ Evangile. Amenée par le saint missionnaire dans la voie du repentir, elle reçut le baptême, se dépouilla de ses richesses en faveur des malheureux, et s’efforça de réparer par une austère pénitence le scandale de sa conduite passée. Quand les édits de persécution furent rendus par Dioclétien, Gains, alors gouverneur de la Vindélicie, les appliqua avec rigueur. L’éclatante conversion d’Afre suffit à la signaler aux vengeances. Gains la fit arrêter. « Comment, » lui dit-il, « toi, une fille perdue, peux-tu prétendre à l’amitié du Dieu des chrétiens? Sacrifie aux nôtres, qui sont bien plus indulgents. — Je suis indigne d’être aimée du Christ, » réponditelle. « Mais je sais que pour aimer il ne consulte que sa miséricorde, et que d’ailleurs il est descendu du ciel pour le salut des pécheurs. — Sacrifie, ou tu mourras dans les supplices. — Soit ; il n’y a plus main-

tenant que le souvenir de mes fautes qui me remplit de crainte et de confusion. )) Condamnée au feu, elle fut conduite hors de la ville, dans un îlot du Lech, et attachée toute nue à un poteau. Là, elle offrit à Dieu sa vie en expiation de ses anciens désordres, et lorsqu’on eut mit le feu au bûcher sur lequel elle était placée, elle renouvela son sacrifice et expira en invoquant Jésus (5 août 304). Sainte Afre est la principale patronne d’Augsbourg..

SAINT ABEL

Irlandais d’origine, il vint dans les Gaules probablement à la suite d’Egbert, plus tard archevêque d’York, lors de ce grand mouvement qui poussa en France tant de missionnaires anglais. Ses prédications l’entraînèrent jusqu’en Frise, d’où sa grande réputation apostolique le fit appeler, par saint Boniface, légat du pape, à l’évêché de Reims, qui n’avait plus de titulaire légitime depuis la mort de saint Rigobert (744). Mais un certain Milon s’était emparé du siège épiscopal, et Abel, bien que régulièrement élu par le peuple et le clergé, fut forcé, après de longues luttes contre l’usurpateur, de céder à la violence et de prendre la fuite. Il se retira à l’abbaye de Lobbes, dans les Pays-Bas, dont il devint abbé, et il reprit le ministère évangélique qu’il exerça surtout aux environs de Liège et dans le Hainaut. Il est considéré comme un des principaux apôtres de ces provinces. Il y mourut vers 760, sans être revenu en France.

Abel jouissait d’une si grande considération que, dans le concile de Soissons, on lui avait conféré une juridiction extraordinaire sur le nord de la Gaule, avec pouvoir déjuger les différends entre les évêques, le clergé et leurs diocésains ; de rétablir la discipline dans les monastères ; de faire restituer aux églises les biens aliénés, et d’empêcher les abbés d’aller en personne à la guerre. C’était un pasteur instruit et doué de toutes les vertus, plein de zèle et d’activité.

6 août. — SAINT SIXTE II.

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