SAINT HORMISDAS
Hormisdas, natif de Frosinone, succéda sur la chaire pontificale à saint Symmaque, en 514. Il envoya une ambassade à l'empereur Anastase, qui ne voulut point faire droit à ses justes réclamations au sujet des églises d’Asie ; toutefois, il vint à bout de les pacifier et d’éteindre chez elles le schisme causé par les eutychiens. Il s’appliqua avec une attention infatigable à maintenir partout la concorde et la pureté des traditions, ainsi qu’en témoignent un grand nombre de lettres adressées aux évêques, aux princes et aux conciles. Avant d’être élevé au sacerdoce, il avait été engagé dans le mariage, et il eut un fils, saint Silvère, qui fut aussi élu pape. Saint Hormisdas mourut le G août 523, et eut saint Jean pour successeur.
SAINT VICTRICE.
Au milieu d’un camp romain de la Gaide Belgique, les troupes étant réunies, on vit, un jour de l’an 360, sortir des rangs un simple légionnaire et déposer aux pieds du tribun ses armes et insignes, disant qu’il ne voulait plus servir que sous les étendards du Christ. Le tribun le fit battre de verges et conduire en prison, jusqu’à ce que le général eût prononcé sur son sort. Comme on allait partir en campagne, le refus de service fut regardé comme un acte de désertion, que la loi punissait de mort. Pendant qu’il marchait au supplice, le soldat pria les gens de l’escorte de desserrer un peu ses liens qui lui meurtrissaient les chairs; loin d’en rien faire, ils l’accablèrent de coups et d’invectives, mais les liens étant tombés d’eux-mêmes, personne n’osa garrotter de nouveau celui que Dieu venait de délivrer. Julien, alors empereur, ayant appris ce miracle, fit grâce au condamné et le renvoya libre.
Le courageux soldat, nommé Victrice, devint apôtre; païen converti,
SAINT VICTRICE.
il entreprit cle convertir ses compatriotes les Nerviens, encore païens, c’est-à-dire les habitants du Hainaut et de la Flandre. Il consacra de nombreuses années à ce pénible labeur; mais il en retira les fruits les plus abondants. « On bâtit des églises, on forma des communautés ; les villes, les campagnes, les forêts se peuplèrent de saints ; en un mot, les idoles tombèrent, et Jésus régna. )) Tel est le témoignage que rendit saint Paulin de l’œuvre apostolique, dans une lettre écrite en 390. Il s’était pris, en effet, pour Victrice d’une grande affection, et ce fut lui qu’il
Fig. 180. — Le sacrifice de la messe dans un oratoire. D’après une miniature d’un ms. du IXe siècle.
alla consulter sur le projet qu’il avait de quitter le monde pour vivre dans la retraite. Ils se trouvaient ensemble à Chartres lorsqu’un père amena à saint Martin sa fille, muette de naissance, afin qu’il lui obtînt l’usage de la parole. L’évêque de Tours s’en défendit d’abord, alléguant que Victrice avait plus de pouvoir que lui auprès de Dieu, mais ils joignirent leurs instances à celles du père, et saint Martin opéra le miracle qu’on lui demandait.
On ne peut préciser l’époque à laquelle Victrice fut élu évêque de Rouen; il est probable toutefois qu’il l’était avant 388, puisqu’on le qualifie déjà ainsi. En tous cas, il avait bien auparavant reçu du saint-siège,
dans un pèlerinage aux tombeaux des apôtres, l’imposition des mains en qualité d’évêque régionnaire. L’Église de Rouen, qui, avant lui, n’était guère connue des provinces voisines, devint, sous sa direction, une des plus florissantes de la Gaule. Il la rendit bientôt illustre c( par une multitude de lieux saints », et par les nombreuses reliques que lui adressèrent saint Ambroise et d’autres évêques d’Italie. Il fit en 403 un dernier voyage à Rome, et reçut, l’année suivante, du pape Innocent Ier une décrétale relative à certains points de discipline ecclésiastique. Saint Victrice mourut le 7 août 418, et ses restes, inhumés dans sa cathédrale, furent transportés, en 841, à Rraine-sur-Vesle, près de Soissons.