SAINT GAÉTAN
On pouvait appliquer à la société italienne du seizième siècle ces paroles d’Isaïe : « Elle n’a plus une partie saine depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête. » C’était, du moins, ce que répétait souvent Gaétan de Thiène, le fondateur d’un ordre religieux destiné à ramener les hommes à la pratique des vertus chrétiennes. Il était né à Vicence, dans les Etats de Venise, en 1480, d’une famille illustre dans les lettres comme dans les armes. Ayant embrassé l’état ecclésiastique, il fut nommé par le pape Jules II protonotaire apostolique, charge qu’il n’exerça que peu de temps, ayant été appelé à Vicence par la mort de sa mère. Ce fut pendant ce voyage qu’il entra dans la congrégation des prêtres de Saint-Jérôme, où il prit l’idée de l’association qu’il devait lui-même instituer plus tard.
Après un séjour à Venise où l’avaient envoyé ses supérieurs, il revint à Rome et y fonda, le 14 septembre 1524, l’ordre des Clercs réguliers, avec l’approbation du pape Clément VII. Les principales fins de l’institut étaient : la réforme des mœurs ecclésiastiques, l’excitation à la pauvreté volontaire et au zèle religieux, la prédication, la visitation des malades, enfin la lutte contre l’hérésie. Le premier supérieur de l’ordre fut Jean-Pierre Caraffa, évêque de Théate, dans le royaume de Naples, ce qui fit donner aux religieux le nom de Théatins. Gaétan,
9 août. — SAINT ROMAIN.
qui avait voulu s’effacer par humilité, fut néanmoins mis, trois ans plus tard, à la tête de ses clercs. Ils rendirent tous les services que l’on attendait d’eux et se firent surtout remarquer par leur dévouement lors d’une peste qui désola Venise. Leur fondateur mourut à Naples, le
7 août 1547.