‹ La Vie des saintsChapitre 323 sur 536 · SAINT TAURIN · texte numérisé non relu

SAINT TAURIN

Dans l’un des premiers siècles, il quitta Rome, sa ville natale, où il avait reçu les ordres, dans le dessein d’annoncer l’Evangile aux peuples qui ne le connaissaient pas encore. Traversant les Gaules, il arriva dans le pays d’Evreux, et, voyant qu’il y avait là beaucoup de bien à faire, il s’y arrêta. Ses succès furent bientôt si considérables, que la jalousie des prêtres païens le dénonça au préfet Licinius. Interrogé sur les motifs de son voyage, il répondit qu’il était venu apporter la loi du vrai Dieu; sur quoi, il fut jeté en prison et condamné au fouet. Le courage avec lequel il supporta ce supplice amena de nouvelles conversions, et même celle de la propre femme de Licinius, Léonille. Dans la suite, le préfet lui-même demanda le baptême, et notre saint put, sans être inquiété, continuer ses travaux apostoliques, qui furent très fructueux.

A sa mort, dont on ne connaît pas la date, le pays tout entier était gagné au christianisme, et il y avait à Evreux un évêché fondé par lui, et dont il avait été le premier titulaire. La belle église qui lui est dédiée dans cette ville renferme son tombeau.

SAINT GERY.

Né vers 550, à Yvoy (aujourd’hui Carignan, dans les Ardennes), il fut ordonné diacre par saint Magnéric, évêque de Trêves. Le zèle qu’il déployait dans l’instruction des fidèles le fit choisir en 589 pour remplacer saint Vaast sur le siège de Cambrai et d’Arras, diocèses qui étaient alors réunis sous la même juridiction. Il vint à bout de purger ce pays des restes du paganisme, et porta même l’Evangile jusque dans les plus sauvages cantons du Brabant. (( Les rares habitants de ces déserts », dit l’abbé Destombes, « paraissaient moins des

GO

hommes que des bêtes ; à chaque pas, le missionnaire trouvait le spectacle de l’idôlatrie la plus grossière. Gery fut probablement le premier qui osa s’aventurer parmi eux, et ce n’est qu’à force de bienfaits et de prestige qu’il parvint à les attirer. Il arriva à une petite île formée par la Senne ; bornant là ses courses apostoliques, il y éleva une

Fig. 184. — Arrivée de saint Gery à Cambrai et vue de l’église de Saint-Médard. D’après une miniature des Chroniques de Ilainaut. XIV siècle.

chapelle que le zèle des convertis changea bientôt en église. Telle est l’humble origine de la ville de Bruxelles. )) Epuisé par les fatigues de l’apostolat, il mourut au retour d’un voyage aux environs de Périgueux, où l’évêché de Cambrai possédait des biens, le 11 août 619.

Il fut enterré dans l’église de Saint-Médard, qu’il avait fait bâtir. Charles-Quint l’ayant démolie pour y élever une citadelle, les chanoines qui la desservaient emportèrent avec eux les reliques de l’évêque

12 août.— SAINTE CLAIRE.

dans le monastère de Saint- Yaast, où ils se retirèrent, et qui a porté depuis lors le nom de Saint-Gery.

Page 1