SAINTE CLAIRE
Elle naquit à Assise, en Ombrie, en 1103, de la famille des Sciffi, l’une des plus considérables du pays. Ayant entendu parler de la vie admirable que menait saint François d’ Assise, elle alla le trouver pour le consulter sur les moyens de se consacrer entièrement à Dieu. Voyant sa grande piété, il lui inspira le dessein de faire pour les personnes de son sexe ce que lui-même avait déjà commencé pour les hommes. Le jour des Rameaux (18 mars 1212), elle reçut de ses mains l’habit religieux, malgré l’opposition de sa famille, qui employa même la violence pour la détourner de la voie qu’elle avait choisie. Sa jeune sœur Agnès s’étant jointe à elle, François leur conseilla de se retirer dans une maison de la ville, attenant à l’église de Saint-Damien.
Ce fut là qu’elle fonda l’ordre des Clarisses (1213), dont elle fut constituée à vingt ans la supérieure. On y pratiquait des austérités jusque-là inconnues aux femmes. Claire et ses filles allaient nu-pieds, couchaient sur la terre, ne parlaient que dans les cas de nécessité ou de charité. La supérieure ne se contentait pas de ces mortifications : elle portait toujours un cilice de crin, multipliait les jeûnes, couvrait de brins de fagots la terre de son coucher, et se donnait fréquemment de rudes disciplines. Le rang qu’elle occupait n’était pour elle qu’un moyen de se réserver les taches les plus basses et les plus humiliantes ; la première levée, elle préparait de ses mains tout ce qui était nécessaire pour la ; célébration de l’office ; elle lavait les pieds des sœurs converses quand elles revenaient de la quête ; elle servait à table et soignait les malades. Son amour de la pauvreté n’était pas moins admirable ; l’ordre vivait d’aumônes, et, plutôt que de mitiger la règle sur ce point, elle distribua
entièrement aux pauvres un héritage considérable, sans rien retenir pour elle. On rapporte que la ville dut deux fois son salut à ses prières, les troupes impériales qui l’assiégeaient ayant battu en retraite sans motif explicable.
Dans sa dernière maladie, Claire montra une patience rare, ne parlant pas même des atroces douleurs qu’elle ressentait; comme on l’exhortait à la résignation, elle répondit : « Depuis que j’ai goûté l’amertume du calice de la passion de notre Sauveur, je n’ai rien trouvé, dans toute ma vie, qui ait pu m’affliger. )) Elle mourut à Assise, le 11 août 1253. On l’enterra le lendemain, jour auquel l’Eglise a fixé sa fête, et le pape Innocent IV assista aux funérailles, ainsi qu’un grand nombre de cardinaux. Elle fut canonisée en 1255.
L’ordre qu’elle avait fondé se partagea en deux : celui des Pauvres Clarisses et celui des Urbanistes, ainsi appelées d’après le pape Urbain IA", qui leur permit d’avoir des revenus. Plusieurs congrégations de femmes, telles que les Capucines, les Annonciades, les Cordelières, les Récollettes, étaient des branches de l’ordre de sainte Claire.