SAINT HYACINTHE
Vers le commencement du treizième siècle, d’assez grands relâchements s’étaient introduits dans les mœurs et dans la religion chez les peuples du nord et du centre de l’Europe ; le dominicain Hyacinthe consacra sa vie à les ramener à la pratique des vertus chrétiennes. Né, selon l’opinion commune, en 1185, au château de Saxe, près de Bres-,
16 août. — SAINT HYACINTHE.
lau, il était de la maison des comtes Kontski , l’une des plus notables de la Silésie, alors unie au royaume de Pologne. Il fit ses études d’abord à Cracovie et à Prague, puis à Bologne où il reçut le diplôme de docteur en droit et en théologie, et se rendit près de l’évêque de Cracovie, qui le pourvut d’une prébende. Ayant accompagné à Rome son oncle, Yves de Kontski, il y reçut l’habit religieux des mains de saint Dominique (1218), ainsi que trois gentilshommes allemands et polonais, et s’en retourna avec eux. Ils marchaient à pied, annonçant partout la parole de Dieu, dans les campagnes comme dans les villes , et c’est ainsi qu’ils parcoururent la Styrie, l’Autriche, la Moravie et la Silésie.
Après un séjour en Pologne, où sa prédication produit des effets merveilleux, Hyacinthe repart, et il s’avance à travers la Prusse, encore barbare, jusqu’en Suède et en Norvège, fondant partout des couvents de son ordre et laissant des missionnaires pour cultiver ce qu’il avait semé.
Il passe ensuite dans la Petite Russie, sur les bords de la mer Noire, dans les îles de l’Archipel. De là, il revient sur ses pai et remonte dans le grand-duché de Moscovie.il s’y trouvait en 1231 lorsque les Tartares s’emparèrent de Kief , la capitale, et la réduisirent en cendres : au milieu du carnage et de l’incendie, Hyacinthe, tenant un ciboire d’une main et une image de la Vierge de l’autre , sortit du couvent qu’il venait
Fig. 194. — Panagia grecque, ou image de la sainte Vierge, ayant sur sa poitrine le portrait de Jésus- Christ. XIIIe siècle.
Vils DES SAINTS. — II.
d’établir et traversa le Dnieper. Dans l’impossibilité de suivre dans ses interminables voyages le courageux missionnaire, ajoutons cependant qu’il fut un des rares Européens qui , à cette époque , se hasardèrent dans les régions à peu près inexplorées de l’Asie centrale, par exemple la Tartarie, le Tibet et ce qu’on appelait alors le Cathay, c’est-à-dire une partie de la Chine ; aussi , quand d’autres religieux parcoururent ces pays au dix-septième siècle, ils y retrouvèrent encore plusieurs vestiges du christianisme.
Hyacinthe était de retour à Cracovie en 1257, après avoir parcouru quatre mille lieues environ, et il y mourut le 15 août de la même année. Clément VIII le canonisa en 1594 et fixa sa fête au 16 août. Ses prédications furent de tous les côtés accompagnées de si nombreux miracles, qu’on l’avait surnommé (( le Grand Thaumaturge )>.