‹ La Vie des saintsChapitre 329 sur 536 · SAINT ROCH · texte numérisé non relu

SAINT ROCH

Suivant ce qu’on peut tirer de ses Actes , il naquit à Montpellier, en 1295, d’une des principales familles. Son père, Jean de la Croix, avait été, à plusieurs reprises, élu consul de la ville. Devenu orphelin, il distribua aux pauvres la plus grande partie de ses biens , confia la gestion de ce qui restait à l’un de ses oncles, et entreprit, sous l’habit d’un pèlerin , le voyage de Rome pour visiter les saints Lieux. La peste exerçait alors d’affreux ravages en Italie. Arrivé à Acquapendente, il alla droit à l’hôpital, visita les malades, et les guérit en faisant sur chacun d’eux le signe de la croix. Il multiplia ces cures miraculeuses à Rome, à Césène, à Rimini, partout où le fléau sévissait avec violence. Atteint lui-même de la contagion sur le chemin de Plaisance , il se traîna péniblement jusqu’à une forêt voisine ; ce fut là que le découvrit un chien de chasse, qui lécha ses plaies et lui apporta, chaque jour, un pain pour sa nourriture. De retour à Montpellier, ses haillons de mendiant, les privations qu’il avait endurées , et surtout sa maladie , l’avaient rendu méconnaissable ; on le prit pour un espion, et comme il ne protesta point, il fut jeté au fond d’un

17 août. — SAINT MAMMÈS.

noir cachot. Il y resta pendant cinq ans, ajoutant des austérités volontaires aux maux qui ne cessaient de le tourmenter. Oublié de tous, il mourut le 16 août 1327, et l’on sut alors qui il était.

Le culte de saint Rocli devint presque aussitôt populaire. Les Pères du concile de Constance se placèrent sous sa protection, et à cette époque les épidémies étaient si fréquentes en Europe et si meurtrières , qu’on érigea en l’honneur de celui qui en avait triomphé une multitude d’églises et de chapelles.

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