‹ La Vie des saintsChapitre 338 sur 536 · SAINT HIPPOLYTE · texte numérisé non relu

SAINT HIPPOLYTE

On ignore à quelle nation appartenait Hippolyte ; mais tout fait présumer qu’il était Grec, originaire d’Asie, et né vers 170. Saint Jérome et les anciens Pères qui ont parlé de lui le représentent comme un homme très docte, éloquent et vertueux, d’un esprit naturellement élevé. Ses livres d’exégèse précédèrent ceux d’Origène, qu’il compta, du reste, parmi ses auditeurs. Disciple lui-même de saint Clément et de saint Irénée, à Alexandrie et à Lyon, il apprit de ces ardents lutteurs à manier les armes de la polémique. A l’exemple de ses maîtres, il se constitua défenseur de la tradition , et s’efforça, comme eux, d’affermir l’autorité du siège de Rome.

Hippolyte, dont on a voulu faire un métropolitain d’Arabie, était probablement évêque d’Ostie (Portus Romanus), à moins qu’il n’eût seulement le titre d’évêque des nations. L’époque de sa mort est douteuse, bien qu’on puisse la fixer, selon toutes probabilités, vers 250, lors de la persécution de Dèce. On pense qu’il souffrit le martyre près de Rome, à l’embouchure du Tibre; suivant l’opinion commune, il fut jeté dans la mer, une pierre au cou.

En 1551, on découvrit, en faisant des fouilles sur le chemin de Tivoli, une statue de marbre qui figurait notre saint en habit ecclésiastique. Sur le dos de la chaire où il est assis, on voit, gravés en caractères grecs, le canon ou cycle pascal qu’il introduisit à Rome et la liste de ses ouvrages. Parmi ceux qui existent encore, il faut citer celui qu’on a retrouvé en 1842 au mont Athos, et qui a pour titre : Réfutation de toutes les hérésies; il est d’un grand intérêt comme monument de l’état social et intellectuel des chrétiens au commencement du troisième siècle.

Page 1