SAINT GENES
Comédien à Rome, il s’était fait instruire des cérémonies de la foi nouvelle pour les tourner en ridicule sur la scène, ou les spectacles
Je ce genre étaient devenus fort à la mode , au temps de Dioclétien. 11 jouait un jour le principal rôle dans une de ces farces impies, celui du néophyte à qui l’on administre un simulacre de baptême. Or, voici que Genès, changé tout à coup par un prodige de la grâce, se sent pris du violent désir de recevoir l’eau lustrale en toute sincérité et de devenir chrétien.
Ces sortes de parodies se terminaient ordinairement, en dehors du théâtre, et à la grande joie de la foule, devant un magistrat complaisant, qui consentait à y jouer un rôle, à interroger et à condamner l’acteur que ses camarades, déguisés en soldats, avaient amené devant lui. Aux questions qui lui sont faites Genès répond, non en histrion, mais en confesseur : « J’avais jusqu’ici une telle haine des chrétiens que je ne pouvais entendre prononcer leur nom ; j’allais les insulter au milieu des tourments qu’on leur fait subir. Je me plaisais à railler leurs cérémonies sur la scène, mais aujourd’hui à peine l’eau du baptême a-t-elle touché mon front , que moi aussi jesuis devenu chrétien et que toute ma vie passée m’ a fait horreur. Y ous qui avez applaudi tant de fois aux profanations que j’ai faites de ces mystères sacrés, commencez à les révérer avec moi ; croyez que Jésus est le vrai Dieu. )) Furieux de cette conversion inattendue, le magistrat le fit mettre à la torture, pour le contraindre à sacrifier aux dieux. Les supplices ne purent tirer du martyr que ces paroles : « Mille morts ne m’ôteraient pas du cœur le nom du Christ. Mon seul regret, c’est d’avoir commencé si tard à le connaître et à l’adorer. )) Saint Genès fut décapité, le 25 août, en 286 ou 303.
SAINT YRIEZ.
Yriez, en latin Aredius , naquit à Limoges, d’une famille noble, vers 511; son père s’appelait Jacoud, et sa mère Pélagie. Il reçut une éducation chrétienne et fit de grands progrès dans les belles-lettres. Etant allé à Trêves , il gagna la faveur de Thierry Ier , roi d’ Austrasie , qui l’aurait même nommé son chancelier. Saint Nicet le remarqua également, bien que pour un autre motif : il avait été frappé de quelque chose de divin
qui se voyait sur sa figure. Suivant les conseils de l’évêque, Yriez quitta le monde et prit l’habit des clercs. Son père étant mort, il retourna à Limoges et continua près de sa mère la vie pieuse qu’il avait embrassée; quelques années plus tard, il fonda le monastère d’Atane, dont il fut le premier abbé. Les religieux qui vinrent là d’abord étaient des membres de sa famille, et c’était sa mère qui fournissait les choses nécessaires à l’entretien de la communauté. Grégoire de Tours dit qu’on ne saurait compter tous les malades que saint Yriez a guéris, non plus que les autres miracles qui furent l’honneur de sa vie. Il mourut le 25 août, vers 591. C’est le patron de la ville de Saint-Yrieix, en Limousin.