‹ La Vie des saintsChapitre 353 sur 536 · AOUT. — SAINT AUGUSTIN · texte numérisé non relu

AOUT. — SAINT AUGUSTIN

converti pendant sa maladie , furent une première atteinte portée à son incrédulité. Un nouveau séjour qu’il fit à Carthage, où il remporta un prix de poésie , fut marqué parde nouvelles études sur les mathématiques, l’astronomie, l’astrologie même, où il puisa de nouveaux doutes religieux, et surtout par sa rencontre avec Faustus, le docteur le plus vanté du manichéisme, dont les réponses, insuffisantes à ses questions, le firent renoncer définitivement à cette secte.

Augustin n’était pas encore chrétien. Au printemps de 383, il avait quitté Carthage, presque à l’insu de sa mère, et s’était rendu à Rome, où il était à peine arrivé depuis six mois que, sur sa réputation, Symmaque, préfet de la ville , le désigna pour aller enseigner l’éloquence à Milan. L’influence de sa pieuse mère, qui vint bientôt le rejoindre, avec ses amis Alype, Romanien et Nébride , celle surtout du grand évêque qui remplissait alors tout l’Occident de sa renommée , allaient aussi décider de sa destinée. Saint Ambroise le reçut en père, se montra un de ses auditeurs les plus assidus, et conversait souvent avec lui. Augustin lui-même assistait assidûment aux sermons d’Ambroise. La lumière de lafoi pénétra enfin son âme : un jour que, plus troublé encore par le tableau de la vie chrétienne des solitaires d’Egypte, qu’un de ses amis avait tracé devant lui, il était rentré dans sa demeure et qu’il s’y répandait en sanglots, il crut tout à coup entendre une voix qui lui criait : « Prends et lis ! » Saisissant aussitôt les Epitres de saint Paul, qui ne le quittaient pas, il tomba sur ce passage, dont il se fit l’application à lui-même : « Ne vivez pas dans les joies et dans les festins, dans l’ivresse et les impudicités, dans la jalousie et les disputes, mais revêtez-vous de Jésus- Christ. » La grâce avait triomphé ; Augustin était chrétien. Afin de mieux s’instruire dans les dogmes de la religion, il renonça au professorat, et se retira dans une maison de campagne voisine de Milan. Là, dans un cercle d’amis qui partageaient les mêmes idées, entouré de sa mère, de son fils Adéodat et de quelques élèves , il mena une vie monastique , partagée entre l’étude et la contemplation. L’année suivante (avril 387), la veille de la fête de Pâques, il reçut le baptême des mains mêmes de saint Ambroise. L’ardente et incessante prière de sa mère était exaucée, et elle pouvait maintenant quitter cette terre.

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