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SAINT FIACRE

Dans les premiers siècles, l’existence des solitaires et des moines au fond des forêts de la Gaule n’était qu’une longue suite de travaux pénibles et persévérants dont les populations voisines devaient recueillir les bienfaits. La bêche à la main, ils commençaient par déblayer le sol autour de la cellule, placée auprès d’un cours d’eau. Souvent ils remplaçaient les arbres forestiers par des arbres à fruits, comme Telio, qui planta de ses propres mains, avec l’aide de saint Samson, un véritable bois de pommiers.

Saint Fiacre, que les jardiniers honorent comme leur patron, donna aussi l’exenqde de cette vie fatigante et utile. Bien que certains anna-

listes fassent de lui le fils d’un roi d’Ecosse, il est plus probable qu’il était Irlandais d’origine, et qu’il passa en Gaule à la suite du grand mouvement religieux qui, à la fin du sixième siècle, entraîna beaucoup de ses compatriotes vers le continent. Il vint à Meaux, où la réputation de saint Faron l’avait attiré. A cette époque (630 environ), la portion de la Brie comprise entre Meaux et Jouarre était couverte par une vaste forêt (le Breuil), qui relevait de l’évêché. Fiacre obtint la permission d’y défricher le terrain nécessaire à l’emplacement d’un jardin, où il

Fig. 220. — Moines se livrant aux travaux de l’agriculture. D'après une miniature d’un ms. du XIXe siècle.

cultiverait des légumes pour les pèlerins indigents. Selon la légende, l’évêque lui octroya, en toute propriété, l’espace de terre qu’il pourrait entourer d’un fossé en une journée de travail : après avoir fait sa prière, l’ermite laissa traîner sur le sol le bâton qu’il tenait à la main, et, derrière lui, le sol se creusa de lui-même, et les arbres déracinés tombèrent de droite et de gauche.

Dès qu’il eut mis son verger en rapport, Fiacre bâtit aux environs un oratoire en l’honneur de Marie et un hospice destiné aux étrangers, ainsi qu’aux malades qu’on lui amenait de tous les coins du pays. Il fut visité par un de ses parents, saint Kilian, qui revenait de Rome, et l’engagea à prêcher dans la Brie et en Picardie, ce qui amena d’excellents résultats pour la propagation de la foi. Fiacre mourut vers 670, le 30 août, au Breuil, où se forma une bourgade qui prit son nom.

31 août. — SAINTE ISABELLE DE FRANCE.

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