SAINT CYRILLE D’ALEXANDRIE
DOCTEUR DE L’ÉGLISE
Neveu du patriarche Théophile, dont il partagea les préventions contre saint Jean Chrysostome, il fut appelé à lui succéder, en 412, sur le siège d’Alexandrie. Doué d’un esprit subtil et pénétrant, il le cultiva par l’étude des écrivains sacrés et profanes, ainsi que par l’exercice de la prédication. Avant d’être élevé au sacerdoce, il avait passé cinq années au désert, chez les moines de Nitrie, moins porté à la méditation qu’aux intérêts du monde, suivant la remarque d’Isidore de Péluse, son maître. Cyrille, en effet, n’avait aucun goût pour la vie contemplative; au milieu des luttes qui la divisaient, la décision de son caractère, l’emportement de son orthodoxie, l’autorité de sa dialectique furent à l’Eglise d’un plus utile secours.
L’hérésie de Nestorius faisait en Orient de funestes ravages. Cet évêque occupait alors le siège de Constantinople : après s’être distingué par la pureté de sa foi, il se mit à prêcher que Marie ne devait point être appelée mère de Dieu, qu’elle était une femme, et qu’il était impossible que Dieu naisse d’une femme, ce qui revenait à nier par une voie détournée l’union du Verbe avec la nature humaine. Le premier soin de Cyrille fut d’écrire aux solitaires d’Egypte afin de les
prémunir contre une doctrine si dangereuse ; puis il s’efforça de désabuser Nestorius en lui adressant des lettres pleines de force et d’érudition. Voyant qu’il ne gagnait rien sur cet esprit arrogant et opiniâtre,
il en référa à l’empereur Théodose ; et, s’appuyant de l’autorité du pape Célestin, il réunit à Alexandrie un concile d’évêques , où l’hérésiarque fut condamné et retranché de la communion. Enfin, la querelle devint si grave, qu’il fallut assembler un concile général à Ephèse (juin 431). Cyrille y figura avec beaucoup d’éclat ; la maternité divine de Marie y fut confirmée, et Nestorius déchu de son siège. Jean d’Antioche et une quarantaine de prélats orientaux soutinrent vivement ce dernier, et ripostèrent, de leur côté, par la déposition de Cyrille. Après deux ans de négociations, la concorde fut rétablie par l’intermédiaire des légats du pape.
Notre saint patriarche revint à Alexandrie, et travailla à y rétablir la paix que l’hérésie avait troublée. Il mourut en 444, le 9 ou le 27 juin, et, suivant le Martyrologe romain, le 28 janvier. Quoique absorbé par les grandes discussions théologiques auxquelles il se livra pour la défense de la foi, il a laissé assez d’ouvrages pour mériter un rang honorable parmi les modèles de la science chrétienne.
Fig. 16. — Saiut Cyrille. D'après le Dominiquin. XVIIe siècle.
29 janvier. - SAINT FRANÇOIS DE SALES.