LA BIENHEUREUSE ISABELLE DE FRANCE
Plus jeune de dix ans que le roi Louis IX, son frère, elle vint au monde au mois de mars 1225. Sa jeunesse, surveillée avec sollicitude par Blanche de Castille, sa mère, fut remplie par la prière, la lecture, le tra-
vail, et à l’âge de treize ans elle consacra à Dieu sa virginité. Fidèle à son voeu, et malgré les désirs de son frère, elle refusa beaucoup de
partis illustres, et même Conrad, roi de Germanie, fils de l’empereur Frédéric II. Saint Louis la trouvant un jour travaillant à un bonnet la pria de lui en faire présent, l’assurant qu’il le porterait pour l’amour d’elle. « Je ne puis, )) répondit la princesse, « c’est, le premier ouvrage de ce genre que je fais, et il convient que les prémices de mon travail soient pour Jésus-Christ. » Et elle le donna à un pauvre.
Elle avait fait construire en 1252, à Longcliamp, sur la lisière du bois de Boulogne, un monastère pour des religieuses de Sainte-Claire, auquel elle avait voulu donner le nom de sa vertu favorite, l’appelant Humilité de Notre-Dame.
Après la mort de la reine Blanche, elle se retira à l’abbaye de Longcliamp, mais sa mauvaise santé l’empêcha de prononcer les vœux ; elle y mourut le 22 février 1270. Saint Louis assista aux funérailles et prononça lui-même l’oraison funèbre de sa sœur. Léon X la déclara bienheureuse en 1521 et permit d’en faire l’office au 31 août.
Fig. 221. — La bienheureuse Isabelle île France, d’après les Monuments de la monarchie française de Moutfaucon.
1er SEPTEMBRE.