SAINT GILLES
thénien ou Grec de naissance, Ægidius, en français Gilles, était né vers 470. Dans le dessein de chercher une retraite où, loin du monde, il pût uniquement adorer Dieu, il aborda en Provence, et passa quelque temps auprès de saint Césaire, évêque d’Arles. Puis il se retira du côté d’Uzès, et rencontra, près du Gardon, un solitaire grec nommé Vérédème, dont les exemples et les instructions lui furent d’un grand secours. De là, suivant la rive droite du Rhône, il pénétra dans une vaste forêt et n’y eut d’autre nourriture que le lait d’une biche, qu’il avait apprivoisée. Les officiers d’un roi, que la légende nomme Flavius et qui était probablement le roi des Goths Théodoric, découvrirent sa retraite. Etant à la chasse, ils poursuivirent la biche jusque dans la grotte de Gilles; l’un d’eux tira sur la bête une flèche, qui traversa la main que l’ermite étendait pour la protéger. Le roi, informé du fait, et touché de la pénitence et des autres vertus du saint, défendit de le troubler dans sa solitude et lui en accorda même la propriété. Bientôt après, grâce à l’affluence des disciples,
un monastère y fut fondé vers 510. Telle fut l’origine, selon la tradition, de cette puissante abbaye de Saint-Gilles, un des pèlerinages les plus fréquentés du moyen âge, et qui donna naissance à une ville. Les comtes de Toulouse y avaient une dévotion particulière et se firent honneur d’en porter le nom.
Un différend s’étant élevé touchant la juridiction métropolitaine d’Arles, l’abbé Gilles fut chargé d’aller le soumettre, à Rome, au jugement du pape Symmaque (514). Il vécut encore un assez longtemps, sans qu’on sache exactement l’époque de sa mort; on prétend même qu’il eut beaucoup de part à la faveur du roi Childebert. Son culte se répandit avec une rapidité singulière ; de tous côtés on lui dédia des églises, en France, en Belgique, en Allemagne et jusqu’en Angleterre, où l’on en comptait 14G. Il était le patron d’Edimbourg.