‹ La Vie des saintsChapitre 363 sur 536 · SAINT LEU · texte numérisé non relu

SAINT LEU

d’un de ses leudes. Sens étant la première ville qui s’opposât à son

passage, celui-ci y mit le siège, renversa avec des machines de guerre une partie des murailles, et se disposait à livrer l’assaut. Notre évêque, pour éloigner d’elle le pillage et le massacre, s’avisa d’un heureux expédient : il sonna lui-même une grosse cloche appelée Marie, et le son qu’elle rendit, étrange et d’une pénétrante harmonie, saisit les assiégeants d’une telle épouvante qu’ils s’enfuirent en désordre. L’année suivante, un certain Farulphe fit son entrée à Sens en qualité de gouverneur au nom de Clotaire, et reprocha aigrement à Leu de n’être point venu au-devant de lui. De concert avec un méchant homme, l’abbé Medegisile, il le noircit dans l’esprit du roi, qui l’exila dans un petit village du Vimeu, sur la Bresle. Ce fut un véritable bonheur pour ce pays écarté ; car Leu réussit, par ses exhortations, à lui faire abjurer ses superstitions païennes, et à baptiser un chef franc, Boson, qui était encore idolâtre. Sur ces entrefaites, Medegisile avait usurpé le siège épiscopal ; mais les Senonais, outrés de son hypocrisie, se rendirent en tumulte dans son église et le mirent en pièces ; puis ils députèrent au roi saint Winebaud, de Troyes, pour solliciter le rappel de leur évêque. Clotaire, qui se trouvait alors près de Rouen, se laissa fléchir, accueillit l’exilé à sa table, lui demanda pardon à genoux, et le combla de bienfaits. Saint Leu mourut le Ie'' septembre 623, à Brienon, près d’Auxerre, et fut enterré, selon son voeu, sous la gouttière de l’église abbatiale de Sainte- Colombe, à Sens.

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