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SAINT JUST

Né dans le Vivarais, vers 320, dans une bonne famille gauloise, il fut élevé à Vienne, sous les veux de saint Paschase, renommé pour sa science et la sainteté de ses moeurs. Après avoir été attaché au clergé de cette ville, il devint vers 350, par la mort de Verissime, le treizième évêque de Lyon. Les renseignements font défaut sur son épiscopat, et ce qu’on sait de lui se borne à sa présence au concile de Valence en 374 et à celui d’Aquilée en 381. Depuis longtemps il nourrissait

2 septembre. — SAINT AGRICOL.

le dessein de se retirer du monde ; une faute qu’il se reprochait, quoique ce fût plutôt celle de son peuple que la sienne, en précipita l’exécution. Un homme, en proie à une folie furieuse, avait tué plusieurs personnes dans les rues de Lyon; l’accès une fois tombé, il eut peur et chercha un refuge dans la cathédrale. Just, croyant apaiser la foule qui voulait l’arracher à cet asile, en exigea la promesse de respecter l’infortuné, et le remit entre les mains du magistrat; mais des forcenés s’emparèrent de lui et le massacrèrent sans pitié. Pénétré de douleur, le pieux évêque jugea qu’il était devenu indigne des fonctions épiscopales : en revenant du concile d’Aquilée, il évita de passer par Lyon, et alla s’embarquer à Marseille avec un jeune lecteur de son église, nommé Yiateur.

Arrivé en Egypte, Just s’enferma dans un des nombreux monastères de la Thébaïde, et, afin de pratiquer plus aisément l’humilité, qui était le principal but de sa fuite, il eut soin de cacher sa dignité aux religieux qui l’avaient accueilli. Quelques années après, il fut reconnu par un de ses diocésains en pèlerinage. L’Eglise de Lyon n’eut pas plus tôt appris ce qu’était devenu son pasteur qu’elle lui députa Antiochus, un de ses prêtres, pour le prier de venir reprendre sa place. Il fut impossible de l’y déterminer, et saint Just mourut vers l’an 390, entre les bras d’ Antiochus, qui était resté avec lui. « L’amour des fidèles, » rapporte son épitaphe, « l’ayant ramené à Lyon, il fut inhumé avec saint Yiateur auprès de cet autel (dans l’église de Saint-Just), afin que ses prières continuelles réchauffent à jamais les enfants, que, pendant sa vie, encouragea sa vigilante piété. » C’est un des patrons de Lyon.

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