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ROI DE HONGRIE

A la fin du dixième siècle, les Hongrois, qui étaient venus du fond de l’Asie s’établir sur les rives du Danube, pratiquaient encore l’idolâtrie. Ce fut saint Adalbert qui porta chez eux les lumières de la foi chrétienne. Leur duc, Geysa, reçut le baptême, ce qui ne l’empêcha point, comme tant de chefs barbares, de servir en même temps les dieux de sa patrie; l’évêque lui en fit honte. <£ Je suis assez riche, » lui répondit-il, « pour adorer tous les dieux ensemble. »

Lorsqu’il mourut en 997, il eut pour successeur son fils Voïc, né vers 978, et qui prit le nom d’Etienne. Le premier usage qu’il fit de l’autorité fut de travailler sérieusement à la conversion de son peuple. Mais le culte proscrit avait beaucoup de partisans, surtout parmi les seigneurs, qui, mécontents d’être obligés de rendre à la liberté leurs esclaves chrétiens, se révoltèrent; le jeune duc s’étant fait armer chevalier à la manière allemande, marcha contre eux et les battit, les plaçant dans l’alternative de recevoir le baptême ou d’être réduits en servitude.

2 septembre. — SAINT ÉTIENNE.

Cette victoire laissa le champ libre aux missionnaires qu’il manda de tous côtés pour répandre la religion. La Hongrie fut divisée en dix diocèses, sous la direction métropolitaine de l’archevêché de Strigonie (Grân). Les évêques furent pendant longtemps des étrangers; désignés par le roi, ils devaient employer le latin, qui devint aussi la langue de la cour et des affaires. Plusieurs villages réunis construisaient une église, et chacun payait la dîme. Étienne appela beaucoup de clercs et de moines, et, afin de favoriser les pèlerinages et les rapports avec d’autres peuples, il fonda des hôpitaux avec monastères à Ravenne, à Rome, à Constantinople et à Jérusalem.

Cependant Etienne avait député au pape Sylvestre II l’évêque Anastase, chargé de solliciter le titre de roi et l’approbation des fondations ecclésiastiques récemment instituées. Le pape joignit au titre qu’il demandait celui d’apôtre de la Hongrie, ainsi que toute l’administration spirituelle du pays en qualité de vicaire du saint-siège, et envoya au prince une riche couronne d’or, qui sert encore aujourd’hui pour la cérémonie du sacre (1000). L’empereur Henri II le reconnut pour roi et lui donna sa sœur Gisèle en mariage. Après avoir conquis la.Transylvanie sur son oncle Gyula, resté païen, Etienne mit sa personne et son royaume sous la protection de la sainte Vierge, et lui dédia une magnifique église dans Albe Royale, sa capitale, qu’il avait fondée. Il passa presque toute sa vie dans les guerres, soit à contenir les nations voisines, soit à soumettre leur territoire, comme il fit avec la Bulgarie. Apôtre de la Hongrie, il en fut aussi le législateur. Il abolit plusieurs coutumes aussi féroces que superstitieuses, et publia des lois sévères contre le blasphème, le vol, le meurtre, l’adultère, l’incontinence et l’idolâtrie. Pour déraciner ces deux derniers crimes, il contraignit à se marier ceux qui n’étaient ni prêtres ni religieux, et défendit aux chrétiens de s’allier à des infidèles. Il ennoblit la valeur, jusque-là vagabonde et cruelle, de ses sujets en l’employant pour des victoires utiles à la civilisation, et montra sur le trône les qualités d’un prince intelligent et les vertus d’un homme de Dieu. De graves afflictions pesèrent sur ses dernières années : il perdit tous ses enfants, jusqu’à l’aîné, Emeric, qu’il avait fait élever avec grand soin et qui donnait les plus belles espérances.

Etienne mourut plein de gloire, le 15 août 10%8. L’Église l’a canonisé en fixant sa fête au 2 septembre, et l’ histoire le compte au nombre des grands hommes. Il est le patron de la Hongrie.

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