‹ La Vie des saintsChapitre 367 sur 536 · SAINTE SABINE · texte numérisé non relu

SAINTE SABINE

C’était une Romaine d’un rang distingué, mariée à un officier nommé Valentin. Née et élevée dans le paganisme, elle avait été convertie par sa servante, Sérapie. Après le baptême, elle quitta Rome et se retira dans une maison qu’elle avait en Ombrie, pour y servir Dieu loin du monde ; quelques femmes se joignirent à elle. La persécution d'Adrien, qui avait paru se ralentir, redoubla de fureur dans certaines provinces, et Bérjdle, gouverneur de l’ Ombrie, somma Sabine de lui livrer les chrétiennes qui demeuraient avec elle. Elle refusa, se fit porter en litière chez le gouverneur, et parut avoir gagné sa cause; mais trois jours plus tard, Sérapie fut arrêtée, et, comme elle ne voulut point sacrifier aux dieux, elle souffrit le martyre. Quant à sa maîtresse, que Béryl le respectait à cause de son rang, elle ne fut plus inquiétée.

L’année suivante, Elpide, qui lui succéda, n’eut pas les mêmes ménagements; il fit d’abord jeter Sabine en prison : puis l’ayant fait venir, il lui demanda comment, riche et considérée, elle avait pu embrasser la religion des chrétiens, ces gens qui n’estiment que la pauvreté, et surtout à l’instigation d’une esclave. « Tu ne comprends pas notre religion, » répliqua Sabine. (( Ce n’est pas folie de mépriser les biens de la terre, car on reçoit en échange ceux du ciel. Oui, j’ai foulé aux pieds les vanités du monde, mais loin d’avoir dérogé à la noblesse de ma naissance, je crois lui avoir donné un nouveau lustre, en me faisant chrétienne. » Alors Elpide la menaça de la mort; elle répondit : « Tu es le maître de m’ôter la vie, non de m’ôter ma foi. » Après avoir entendu prononcer sa condamnation, elle s’écria : (( Je vous remercie, ô mon Dieu, de la grâce que vous m’accordez, et je remets ma vie entre vos mains. » Elle

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