SAINT REMACLE
De race gauloise, Remacle naquit aux environs de Bourges, vers l’an 598. Il fut d’abord un des disciples de saint Sulpice, puis il s’attacha à saint Eloi, qui l’établit, vers 630, premier abbé du monastère qu’il venait de fonder à Solignac, près de Limoges. Ce fut sans doute encore le même saint qui fit connaître ses mérites à Sigebert, le pieux roi d’Austrasie.
Ce prince fit bâtir plusieurs abbayes, par son conseil, entre autres celles de Stavelo dans le diocèce de Maëstricht, et de Malmédy dans celui de Cologne. Remacle les gouverna jusqu’en 642, et y attira, par la renommée de ses vertus, de nombreux et illustres disciples comme saint Trond, saint Lambert, saint Théodard. A cette époque, il se rendit à Maëstricht, où les fidèles venaient de l’élire évêque, lorsque saint Amand, désespéré des désordres de ses diocésains, fut parti pour évangéliser d’autres peuples. Remacle fit du bien à Maëstricht, mais il se sentait plutôt destiné à la vie monastique qu’aux soucis épiscopaux ; au bout de six ans il abandonna son évêché à saint Théodard, et se retira avec saint Hadelin à son abbaye de Stavelo. C’est là qu’il mourut, ayant continué jusqu’à son dernier jour de se livrer aux plus grandes austérités, vers l’an 674, âgé de plus de soixante-quinze ans.
SAINT MARIN
Dans le quatrième siècle, la ville de Rimini, en Italie, ayant été en partie détruite, on fit venir de tous côtés des ouvriers pour la rebâtir.
Beaucoup de Dalmates s’y transportèrent, entre autres un chrétien, nommé Marin, qui était maçon ou tailleur de pierres de son métier. Il fut bien étonné de trouver là une foule de gens de bonne naissance, condamnés au travail forcé pour l’unique raison qu’ils avaient embrassé la foi nouvelle. On leur imposait les besognes les plus pénibles, et, quand ils n’en pouvaient venir à bout, on les accablait de coups de bâton et de nerfs de bœuf. Cet injuste traitement émut Marin, qui s’employa de toutes ses forces en leur faveur; il les aidait à tirer la pierre des carrières, à porter les trop lourds fardeaux ; il acheta même une bête de somme afin de les soulager dans le transport des matériaux qu’on les forçait de charger sur leurs épaules. Après bien des années, il se retira, non loin de Rimini, dans un affreux désert, et vécut en reclus au fond d’une caverne du mont Titan. La renommée de sa sainteté lui attira des disciples et des imitateurs, et c’est ainsi qu’il devint le fondateur d’une petite société civile, qui s’éleva à l’état de république sous le nom de Saint- Marin. Ses reliques y sont l’objet d’une grande vénération.