SAINTE ROSALIE
Son père était un chevalier renommé par sa valeur, qui avait épousé une parente de Roger, roi de Sicile, et reçu de grands domaines en récompense de ses services. Rosalie naquit à Palerme, en 1130. Dès l’âge de quatorze ans, elle fut recherchée en mariage par les plus puissants s eigneurs du royaume, mais elle avait consacré sa virginité au Seigneur, et elle aima mieux quitter le monde et ses tentations que de rompre son vœu. N’emportant qu’un crucifix et des instruments de discipline, elle abandonna le palais de son père, et se retira sur le sommet du mont Quisquina, dans une caverne située au milieu d’un bois. C’est là, malgré les neiges qui couvrent cette solitude pendant plusieurs mois, que Rosalie passa de longues années, n’ayant pour se nourrir que des racines, pour se désaltérer que l’eau qui suintait des rochers. On montre encore cette caverne, près de laquelle est une vigne fort ancienne qui aurait, dit-on, été plantée par la recluse. Cependant, comme sur l’ordre
5 septembre. — SAINT BERTIN.
de sa famille désolée, on la cherchait par tonte la Sicile, elle en fut intérieurement avertie, et, reprenant son crucifix, elle se réfugia sur le mont Pellegrino. Elle y trouva une grotte obscure, dont l’ouverture était fort étroite, où l’on ne pouvait se tenir debout ; et, dans cette affreuse retraite, elle passa les huit dernières années d’une vie sanctifiée par la prière et les austérités. Sa mort arriva le 4 septembre 1160.
Sainte Rosalie est la patronne de Païenne.
SAINT BERTIN
Issu d’une famille établie sur les bords du lac de Constance, Bertin, né vers 615, manifesta, dès ses jeunes ans, autant de goût pour l’étude que d’éloignement pour le monde. Ses dispositions intérieures et l’exemple de saint Orner, son parent, le portèrent à aller le rejoindre à Luxeuil avec deux de ses amis, Mommolin et Ebertramne. Cette abbaye, fondée depuis peu par saint Colomban, était une excellente école où l’on enseignait tout ce qui avait rapport aux choses de la science et de la religion. Bertin y fit de grands progrès, se montrant surtout propre à la discipline ecclésiastique et à l’interprétation de l’Écriture sainte. Aussi, vers 640, fut-il désigné, ainsi que ses deux amis, pour seconder saint Orner, leur compatriote, dans l’évangélisation du diocèse de Térouanne. L’évêque les installa sur les bords de l’Aa, dans un domaine, dont il venait de recevoir la donation d’un riche et puissant seigneur qu’il avait baptisé avec toute sa famille. C’était une solitude inaccessible, entourée d’un côté par la rivière, et de l’autre par de vastes marécages : on l’appelait Sithieu. Là s’éleva bientôt une abbaye, qui prit dans la suite le nom de Saint-Bertin.
Le premier qui la gouverna fut Mommolin, et quand il fut appelé en 659 au siège épiscopal de Noyon, Bertin lui succéda. Il adopta la règle monastique de saint Colomban et les usages de Luxeuil dans toute leur sévérité : des racines, des herbes et un pain grossier composaient
la nourriture ordinaire; une prière presque continuelle sanctifiait le travail et les autres exercices extérieurs, car l’infatigable diligence des moines parvint à transformer en plaine fertile, par des exhaussements successifs, le marais ou ils étaient établis. Quanta leur supérieur, son zèle
Fig. 223. — Prédication des premiers apôtres missionnaires. D'après une tapisserie du X\ c siècle.
pour la prédication opéra merveilles parmi les Morins, encore à demi barbares ; il exerçait un ascendant irrésistible sur les nobles qui 1 environnaient; plusieurs même vinrent augmenter le nombre de ses religieux, et l’un d’eux lui fit présent d’une terre sur laquelle fut fondé, en G9o, le monastère de Bergues-Saint-Winoc. Afin de mieux se préparer a la moi t, Bertin abdiqua la dignité d’abbé qu’il avait exercee pendant un demi-
5 septembre. — SAINT LAURENT JUSTINIEN.
siècle, et se renferma dans un ermitage des environs. Il y mourut vers 709, fort âgé et sans avoir cessé de pratiquer la plus exacte pénitence. L'île de Sithieu, où se trouvait la célèbre abbaye, servit d’emplacement à la ville de Saint-Omer.